Gouvernance : Julien Nkoghe Bekale, l’homme de la situation ?

mardi 19 mars 2019 Politique


Nommé en début janvier au plus fort de la crise inhérente à l’état de santé du Président de la République, Ali Bongo Ondimba, les deux mois passé par Julien Nkoghe Bekale à la tête du gouvernement permettent d’apprécier positivement les efforts consentis par ce dernier pour remettre à niveau la gouvernance publique plombée par de nombreuses lacunes.

Ministre dans les différents gouvernements de feu Omar Bongo Ondimba, puis de son successeur Ali Bongo Ondimba tout en étant député (Ndlr : du premier arrondissement de la commune de Ntoum, dans la province de l’Estuaire, depuis les dernières élections législatives), la nomination de Julien Nkoghe Bekale au poste de Premier ministre, en remplacement d’Emmanuel Issoze Ngondet en poste depuis 2016 n’était pas forcément, au regard des critiques qui ont succédé cette nomination, le meilleur choix pour la gouvernance du pays dans une période aussi marquée avec les contradictions liées à la maladie du Président de la République.

Seulement on constate, du moins pour le moment, un « changement de paradigmes » avec ce dernier. Vraisemblablement plus conciliants aux problèmes qui affectent le fonctionnement de l’Etat et partant de son économie, la méthode Julien Nkoghe Bekale semble prompte à prendre le taureau par les cornes afin de remettre à niveau la gouvernance publique. Bien que drastiques, les réformes adoptées en conseil des ministres du 26 février dernier, en plus de dévoiler implicitement les carences liées à la gouvernance précédente avec l’existence de nombreuses administrations publiques budgétivores à souhait, supprimées d’ailleurs, impriment une nouvelle direction de gestion publique centrée sur la responsabilité et la prise en compte des préoccupations immédiates des populations.

Car, « la responsabilité d’un homme politique est de savoir écouter ses compatriotes ». Cette « responsabilité » explique la remise à plat des agences, entités étatiques dont la création dès 2010 et le rôle au fil des années ont souvent été critiquées au regard de la transposition des missions perceptibles entre ces entités joujoux de la gouvernance émergente et certains ministères. La relance des infrastructures entre Libreville et l’intérieur du pays, la réhabilitation des régies des TP, la rationalisation des dépenses publiques par la minimisation de 10% des effectifs publics pour une meilleure redistribution au niveau sociale et la programmation efficace des projets réalisables qui répondent aux attentes des populations traduisent à la volonté du nouveau Premier ministre de rendre le gouvernement plus actif devant les problèmes qui touchent les populations.

Car plus que des simples annonces, estime-t-il, « tout cela peut cesser d’être un vœu pieux à la condition de changer de manière de faire, en un mot de méthode de mise en œuvre ». Si les premiers pas de Julien Nkoghe Bekale à la tête du gouvernement permettent d’apprécier à juste titre l’implication de ce dernier dans la remise à niveau de l’Etat avec des réformes dont l’objectif ultime est de mettre de l’ordre dans la gouvernance publique, la question de l’émancipation professionnelle des jeunes demeure la principale lacune de sa politique. En effet, malgré les efforts de ce denier de changer la condition sociale des populations le manque de clairvoyance à l’égard de l’entreprenariat, une question fondamentale de souveraineté économique dans une situation de tension économique se présente comme l’une des faiblesses de sa méthode quand on sait l’impact que cela peut avoir sur la situation du chômage des jeunes.


Michaël Moukouangui Moukala

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