Gouvernement : Des remaniements qui inquiètent !

lundi 11 novembre 2019 Politique


Depuis son installation le 12 janvier dernier, le gouvernement Julien Nkoghe Bekale a déjà connu au total, quatre remaniements. Le dernier en date, est celui intervenu le jeudi 7 novembre dernier, avec le départ remarquable du désormais ancien ministre des Transports et des Travaux Publics, Justin Ndoundangoye, pour qui on s’accorde à reconnaître qu’on aurait dû lui laisser au moins le temps de lancer les chantiers brûlants.

Des ministres nommés puis débarqués en à peine deux ou trois mois, sans qu’ils n’aient eu le temps de connaître le moindre dossier, le gouvernement de Julien Nkoghe Bekale aura sans doute battu le record des remaniements intempestifs, qui finissent par déteindre sur le déroulement du programme de développement du pays. Cette aventure de changement à tout vent des ministres est d’autant plus risquée qu’elle menace le bon suivi des dossiers. Car entre le temps d’installation d’un ministre, la connaissance, du moins en partie de son administration et la mise en œuvre de la feuille de route de son département (encore faut-il qu’il ait des moyens à disposition pour cela), il faut un temps raisonnable d’imprégnation. L’ancien ministre de l’Energie, Patrick Eyogho Edzang, lui, évalue ce temps à une durée d’au moins deux ans. Surtout pour certains ministères dont la technicité requiert parfois beaucoup de compétence.

Pourtant, il est connu de tous que les nominations au Gabon, généralement dictées par le copinage, ne ciblent que des personnes parfois sans expérience professionnelle. Tout le travail ne repose souvent que sur les épaules des conseillers, surtout les conseillers juridiques et techniques. Or, il est aussi une coutume dans notre pays qui voudrait que lorsqu’un ministre est limogé, tous ses collaborateurs derrière soient le plus souvent la première cible de son successeur, dont le premier réflexe est de nettoyer toute l’écurie au profit des frères du village, et autres copains, lesquels, parfois ne disposent d’aucune connaissance en quoi que ce soit. Pour cette délégation d’incompétents avérés, il faut souvent du temps pour leur permettre de comprendre de quoi il s’agit, avant de démarrer réellement le travail pour lequel ils ont été appelés. Mais alors qu’ils commencent tout juste à démarrer, intervient un remaniement pour les valser au profit d’une autre équipe.

Voilà le danger de ces changements qui finissent par porter un coup dur à l’exécution des chantiers, malgré le principe de la continuité de l’administration. Des remaniements qui, loin d’être une solution, créent une certaine instabilité dans l’administration publique, les départs des ministres incluant aussi les départs de leurs équipes. Sison en quoi le limogeage de Justin Ndoundangoye par exemple était-il si opportun au moment où il s’apprêtait à lancer la société de transports urbain, Trans Urb à Libreville ? En quoi son départ était-il si nécessaire, alors qu’il était sur le point de lancer les travaux de la Transgabonaise, cette route, longue de plus de 700 km qui devrait desservir cinq provinces sur les neuf que compte le pays, de Libreville au nord-ouest à Franceville au sud-est du pays ?

Peut-on réellement évaluer l’action d’un ministre en à peine un ou deux mois de fonctions ? A quoi sert cette purge continue des membres du gouvernement ? Quel effet bénéfique apporte-elle sur le quotidien pénible des populations ? Quelle conséquence induit-elle sur l’efficacité de l’administration publique ? A combien de remaniements le pays devrait-il encore s’attendre d’ici à la fin de l’année ? Qui sera le prochain sur la liste noire de cette aventure périlleuse ?


Leno Koleba

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