Gouvernement et députés au Cap : Pour une majorité godillot

lundi 13 mai 2019 Politique


Vendredi dernier, l’équipe de Julien Nkoghe Bekalé et les députés de la mouvance présidentielle se sont retrouvés en séminaire au Cap, en marge de la capitale gabonaise pour essayer de clarifier les règles de leurs relations. Il était concrètement question de rappeler à ces élus nationaux leur stricte obligation de soutien à l’action gouvernementale, quelque soit les cas de figure.

Alors qu’il est acculé sur tous les fronts ou presque par les partenaires sociaux, le gouvernement de Julien Nkoghe Bekalé, qui brasse de l’air a besoin de plus de soutiens dans le déroulement de ses mesures, largement critiquées pour leurs effets dévastateurs sur le tissu social. La montée de la courbe du chômage, qui reste un véritable malaise social, la suspension pour trois ans des recrutements dans la fonction publique, la réduction de 10% des fonctionnaires dans chaque département ministériel, mais aussi de 50% de la main d’œuvre non permanente, la liste est loin d’être exhaustive. Pour toutes ces mesures polémiques, le gouvernement cherche le total soutien des députés censés valider sa politique à l’Assemblée nationale.

C’est dans ce cadre que s’inscrit le séminaire du Cap. En réalité, tandis que l’impopularité de ces mesures met en minorité la position d’une équipe déjà mal en point, Nkoghe Bekalé et ses ministres ne veulent plus d’autres voix discordantes au sein du pouvoir. En tout cas surtout pas des députés censés contrôler son action au palais Omar Bongo. Quitte donc à disposer d’une majorité absolument godillot, le message véhiculé en filigrane à l’endroit de nos élus de la majorité est avant tout un message d’avertissement.

Gare désormais à la cavalerie des aventuriers dans la prise de positions contre l’action du gouvernement. C’est donc un rappel à l’ordre intervenant après que certaines voix discordantes se sont même fait entendre dans les rangs de la majorité parlementaire à l’Assemblée nationale, au plus fort du débat sur les nouveaux critères d’attribution de bourses aux bacheliers en mars dernier. Puisque certains députés avaient alors appelé le gouvernement à sursoir à cette mesure, la jugeant même "inopportune".

Ces airs de liberté de parole de certains élus nationaux n’avaient pas du tout plu au premier ministre, Julien Nkoghe Bekalé et son équipe, qui étaient alors critiqués de tous les côtés par l’ensemble des composantes de la société sur leur entêtement à vouloir restreindre les conditions d’attribution des bourses au non d’une excellence scolaire forcée, alors que les investissements en matière d’éducation manquent toujours dans la quasi-totalité des établissements scolaires.

Ce séminaire tenu, désormais, toute velléité contestataire au nom d’élus nationaux devrait donc être tue par devoir de soutien absolu à la politique gouvernementale, quelle qu’elle soit, même avec le risque de trahir les intérêts de ceux qui les ont mandatés par défaut. Et les retrouvailles du Cap n’auront été qu’une rencontre d’arrangement entre gens liés par un même destin, le soutien de l’arbre qui nourrit, le PDG. Une sorte de récréation pour dissiper les "malentendus" enregistrés ces derniers temps. Il y va du bien de tous.


Leno KOLEBA

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