Gouvernement :Prestation de serment inédite !

mardi 8 mai 2018 Politique


Nommé vendredi 4 mai dernier, le gouvernement Issoze-Ngondet III a prêté serment hier lundi 7 mai devant Ali Bongo Ondimba et les juges constitutionnels. La formule trouve sa signification dans l’article 15 de la nouvelle Constitution adoptée en janvier dernier.

« Je jure de respecter la Constitution et l’Etat de droit, de remplir consciencieusement les devoirs de ma charge, dans le strict respect de ses obligations de loyauté et de fidélité à l’égard du Chef de l’Etat, de garder religieusement, même après cessation de mes fonctions, la confidentialité des dossiers et des informations classés secrets d’Etat et dont j’aurai eu connaissance dans l’exercice de celles-ci ». Aussi cocasse que cela puisse paraître, c’est cette formule que tous les 41 nouveaux ministres, les uns après les autres, ont prononcée devant le président Ali Bongo Ondimba. Le tout, sous les yeux complices des juges constitutionnels qui assistaient gaiement au scénario comme dans un spectacle d’humour.

Une pratique qui répondait là au besoin de l’article 15 de la nouvelle constitution adoptée en janvier dernier par un parlement godillot. Laquelle constitution enjoint désormais tous les ministres et autres cadres de l’administration de prêter serment devant le président de la république avant leur entrée en fonction. Pour conforme à la constitution qu’elle puisse paraître, cette prestation de serment ressemble bien aux pratiques d’une « monarchie sans bornes », mais fonctionnant sous le paravent constitutionnelle. Ce qui fait dire à certains analystes qu’il y a désormais une banalisation des institutions constitutionnelles. Lesquelles institutions sont désormais reléguées au second rang puisqu’elles ne servent plus qu’à meubler un décor démocratique de façade.

C’est donc dire que le régime présidentialiste consacré par la nouvelle constitution déborde tellement du cadre de la notion même de république, qu’on se demande à quoi servent encore l’Assemblée nationale, et le Sénat aujourd’hui, si le gouvernement ne devrait rendre les comptes qu’au seul président de la république. En effet, en décidant de dissoudre l’Assemblée nationale et transférer l’ensemble des pouvoirs au Sénat, phénomène inédit dans un régime démocratique, la Cour constitutionnelle a décidé volontairement d’accroitre les pouvoirs dévolus à la fonction présidentielle. Et désormais, avec ces deux ministres, Jean De Dieu Moukagni Iwangou et Michel Menga Messone, tous deux débauchés dans la cour radicale de son rival Jean Ping, Ali Bongo a ainsi fracturé voire paralysé une opposition qui n’existe plus que de nom.


Leno KOLEBA

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