Gouvernement Nkoghe Bekale : Quel bilan pour une année de remaniements ?

lundi 30 décembre 2019 Politique


Avec la déclaration de politique générale du Premier ministre, Julien Nkoghe Bekale, vendredi 27 décembre dernier, la deuxième du genre en seulement 11 mois, se pose une question fondamentale, celle de l’instabilité d’un gouvernement qui aura passé une année entière à se chercher, à se réformer plutôt qu’à travailler normalement.

En moins d’un an, cinq remaniements, avec le va-et-vient ininterrompu des ministres limogés puis rappelés. Des ministères formés, puis supprimés ou réformés. En 11 mois à peu près, le gouvernement de Julien Nkoghe Bekale a battu le record de la valse des ses membres dont certains n’auront eu tout juste que le temps de prendre leurs fonctions avant d’être débarqués, toute humiliation bue. Des remaniements pour l’essentiel marqués par un jeu de chaises musicales avec le rappel d’anciens ministres pourtant débarqués pour absence de résultats. C’est le cas notamment de Mathias Otounga Ossibadjouo, d’Ernest Mpouo Epigat, Pascal Houagni Ambourouet, Lambert Noël Matha, Carmen Ndaot, Rigobert Ikambouayat Ndeka, la liste est longue.

Erreur de casting ?

Erreur de casting, ou de jugement ? Et si erreur de casting il y a eu, à qui serait-elle imputable ? Au président de la république qui donne mission à son premier ministre de former un gouvernement, ou au chef du gouvernement qui propose des noms au président de la république ?

Dans tous les cas, toute cette valse des ministres qui se sont succédé en l’espace de quelques semaines a fini par porter un coup d’arrêt ou encore un ralentissement certain au suivi de la feuille de route mise à la disposition des différents départements ministériels. Tout cela avec un malaise certain dans l’administration, quoique l’argumentation brandie comme d’habitude repose sur le principe de la continuité du service public en dépit des hommes qui y passent.

Un principe manifestement inefficace, d’autant qu’un ministre, (surtout ceux nommés par des affinités diverses) doit disposer d’une marge de temps nécessaire pour mieux s’enquérir réellement des dossiers attribués à son département. Or, avec cette valse continue, soit un remaniement tous les deux mois, il est difficile de prétexter que les ministres limogés ou mutés l’ont été sur la base d’absence des résultats. Car même dans des pays développés, il est quasiment impossible d’évaluer l’action d’un ministre en à peine un ou deux mois ou en quelques semaines.
Une année d’instabilité

C’est dire qu’un an de réaménagement, de formation et de reformation du gouvernement, ce sport a fini par déteindre sur la mise en œuvre du programme gouvernemental, dont les grandes annonces lors de la première déclaration de politique générale de février dernier seront restées pour l’essentiel au stade de simples annonces. La création d’une société de transport urbain, Trans Urb, la régularisation des situations administratives gelées depuis plus de deux ans, l’éducation, la santé, le réseau routier, tout ou presque est resté coincé au niveau du papier. Autant dire que le gouvernement de Julien Nkoghe Bekale a passé toute une année à se chercher avec des réaménagements qu’à dérouler véritablement la feuille de route pour laquelle il a été former. Peut-on espérer mieux pour l’année 2020 qui vient ? La question reste posée !


Leno Koleba

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