Identité culturelle : « Ton histoire n’est pas la mienne ! »

vendredi 30 juin 2017 Culture & people


Ce titre d’un des romans d’Ovono Mendame traduit de la manière dont vous voulez suffit à nous instruire sur le fait que la vie est affaire de génération et que comme l’affirmait le musicien congolais Franklin Boukaka, « chaque génération a ses engouements ». Cela suffit-il cependant à massifier les populations et les sociétés ?

L’histoire prise au sens large du terme : histoire politique, culturelle, littéraire, philosophique, sociale, etc. nous révèle que chaque époque pour ne pas dire chaque siècle a été marquée par un ou des mouvements. Qui ne se ressemblent pas d’un lieu à un autre, mais qui ont des influences les uns sur les autres. Même s’il faut reconnaître qu’ils n’ont jamais réussi à effacer entièrement le substrat d’une civilisation. C’est qu’en chaque peuple vivent des valeurs et des expressions, certes étouffées chez certains, mais qui finissent toujours par se révéler.

Au Gabon, il n’est un secret pour personne que les membres de l’ethnie fang ou de l’ethnie punu se reconnaissent à travers le Mvet ou le mubwangue qui sont toutes deux des épopées. Ces dernières, point n’est besoin d’aller aux définitions, ont un impact sur le comportement du groupe nous diront les sociologues. Qui tenteront d’expliquer l’acculturation de tels peuples, par l’influence grandissante de la science et de la technologie qui font que les anciennes puissances colonisatrices continuent d’avoir de l’ascendant sur nos sociétés. Les conduisant à épouser en grande partie leur civilisation et à rejeter petit-à-petit la leur.

Contrairement, les Japonais et les Chinois, les Asiatiques disons, issus de sociétés au demeurant très fermées, s’investissent plus que jamais aujourd’hui dans une occupation rationnelle du monde qui ne dit pas son nom, concurrençant sur certains terrains les Occidentaux qui les traitent en rivaux. Ceci expliquant cela, nous pouvons affirmer que là où les Hommes ont pris le pari de faire parler leur culture, ils sont moins influençables que d’autres et sont beaucoup plus aptes à dominer.

Rendez- vous du donner et du recevoir !

« D’où venons-nous ? Où sommes-nous ? Où allons-nous ? », ces trois questions philosophiques, essentielles pour la détermination de chaque être, pour ne pas dire chaque société, mérite d’être sans cesse posée pour qui tient à rayonner sous quelque forme que ce soit dans un monde de plus en plus concurrentiel qui invite chacun affirmer son identité. Et ce n’est donc pas rien si les Léon Gontran Damas, les Aimé Césaire et autres Léopold Sedar Senghor ont bec et ongles défendu la « civilisation de l’universel » qui n’est pas dans leur entendement, une simple rencontre des cultures, mais plutôt et bien au contraire, un carrefour où viennent se retrouver les hommes du monde entier indépendamment de leur origine pour partager.

Ce qui veut dire que chacun y apporte ou y est attendu avec ce qu’il a de différend de l’autre. A chacun donc ici de choisir ce qui l’intéresse et peut lui servir à des fins que lui-même justifie. C’est ici que l’on comprend aisément que toute culture qui ne s’exprime pas comme les langues qui n’ont plus de locuteurs, si cela arrive accidentellement, meurt. Et qu’il appartient à chacun alors de défendre la sienne pour chaque fois que besoin se fait sentir « l’exhiber » aux autres pour susciter pourquoi pas une réaction favorable. Ainsi compris, il est une évidence : chaque peuple a intérêt à veiller à la pérennisation de sa culture et à son expression sous quelque forme que ce soit. De cela dépend l’influence qu’il aura ou la reconnaissance que les autres auront vis-à-vis de lui. Il sera difficile à l’Homme versé dans le mimétisme de sauver sa face et de prétendre bénéficier du même respect que celui qui sauve et vend bien sa culture auprès de la communauté internationale. Que tout le monde comprenne une fois pour toutes qu’ainsi va la vie et qu’en effet, « ton histoire n’est pas la mienne !  ».


Douguenzolou

Répondre à cet article

Qui êtes-vous ?

Pour afficher votre trombine avec votre message, enregistrez-la d’abord sur gravatar.com (gratuit et indolore) et n’oubliez pas d’indiquer votre adresse e-mail ici.

Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Suivre les commentaires : RSS 2.0 | Atom

Articles relatifs