Insécurité à Leconi : Des disparitions sans lendemain

mardi 16 juillet 2019 Société & environnement


Située au Nord-est de Franceville, la capitale provinciale du Haut-Ogooué, la ville de Leconi, frontalière au Congo Brazzaville, fait face depuis plusieurs années aux disparitions jamais élucidées de certains membres de sa population. La dernière en date, celle de M.Ngambou, ancien surveillant général au CES Kakogho de la localité. Le septuagénaire parti à la pèche n’a plus jamais regagné le village depuis plusieurs semaines.

Si les autres disparitions depuis le début des années 2000 sont restées jusque-là sans échos, celle de Monsieur Ngambou aura suscité une vague d’indignation et de mobilisation à travers la toile, de la plupart des anciens élèves du collège où il a travaillé jusqu’à sa retraite en qualité de surveillant général. Une disparition de trop qui ne devrait plus rester impunie. C’est en tout cas le défi que se sont lancés ses anciens élèves, aidés en cela par le ras-le-bol général des populations qui en ont assez de cette série de disparitions restées jusqu’ici sans suite. Des populations qui ont d’ailleurs érigé depuis lundi dernier, des barricades sur l’unique voie de communication avec Franceville. Quelques jours plus tôt, les éléments de la gendarmerie de Franceville justement avaient procédé aux arrestations de personnes proches du député PDG du premier siège, Philippe Ngaipé.

Lequel avait déjà été cité dans la tentative d’assassinat d’un sujet Tchadien, lors d’une partie de chasse nocturne l’année dernière. Selon les informations recueillies auprès de plusieurs sources sur place à Leconi, le fusil de Monsieur Ngambou aurait été retrouvé sous le lit d’un des chauffeurs du député. Dans le coup, il y aurait deux sujets congolais, l’un nommé Marabout, l’autre un certain Guy, tous naturalisés gabonais. Avec eux, deux jeunes Gabonais, Henri Otounou allias Solem et Ngoyi, tous les quatre travaillant pour le compte du député soupçonné. Malgré la torture subie à Franceville, ces quatre présumés criminels rituels ont choisi jusque-là de faire balader les enquêteurs sur le lieu exact du corps qui, au regard de la durée, devrait déjà être en état de décomposition avancée. Certains y voient une stratégie pour gagner du temps. Comme cela a toujours été le cas.

Et c’est en effet pour les empêcher de gagner du temps, stratégie bien rodée, que la population a décidé de rester mobilisée, suivant de près les enquêteurs, l’objectif étant de les empêcher d’être corrompus. Certains promettent même de demander la destitution du mandat du député Ngaipé, couvert par l’immunité parlementaire. A défaut de cela, ils envisagent de brûler tous ses biens. Car il est inadmissible pour eux d’être représentés à l’Assemblée nationale par un présumé assassin. Au cas où ils n’obtiennent pas la destitution de son mandat, ils envisagent une démission collective et publique de tous les militants PDG de la localité. Il faut dire que cette disparition sans lendemain n’est pas la première du genre puisque depuis 2003, c’est au moins une dizaine de personnes qui ont disparu, sans que les coupables ne soient condamnés. Dans la liste publiée par les organisateurs de la protestation, on y retrouve aussi bien des jeunes que les vieillards, des disparitions qui, pour la plupart se déroulent à la pêche.


Leno KOLEBA

Répondre à cet article

Qui êtes-vous ?

Pour afficher votre trombine avec votre message, enregistrez-la d’abord sur gravatar.com (gratuit et indolore) et n’oubliez pas d’indiquer votre adresse e-mail ici.

Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Suivre les commentaires : RSS 2.0 | Atom

Articles relatifs