Interview/William Moukagni Chef GRH Olam Awala : « A Awala, le recrutement est destiné prioritairement aux populations vivant dans les zones impactées par le projet »

mardi 17 janvier 2017 Economie


Spécialisée dans la production d’huile de palme brute rouge, le site de production d’Awala, situé à quelques kilomètres de la ville de Kango, après le lancement de ses activités en août 2015 se développe petit à petit. Avec ses 1250 employés, Awala, malgré les défaillances de gestion GRH liées au traitement salarial, maximise sur la main d’œuvre locale. Explication avec le Chef du personnel du site, William Moukagni.

Gaboneco.com (Ge) : Awala, le site de production d’huile de palme brute est un immense projet situé à quelques kilomètres de la ville de Kango. Après le lancement des activités survenu il y a plus d’un an, comment se caractérise la politique de recrutement du personnel au sein du site ?

William Moukagni (WM) : Le recrutement est en priorité destiné aux populations vivant dans les zones impactées par le projet. Nous recevons pas mal de candidats gabonais postulant pour un emploi au sein du site. Une fois admis, ces derniers doivent remplir un certain nombre de formalités liés aux tests de santé et à l’accès aux garanties sociales comme la CNSS. C’est après avoir rempli ces conditions nécessaires que les employés sont enrôlés dans notre logiciel de gestion de ressource humaine afin d’avoir un suivi quotidien de l’employé. Le site d’Awala compte à ce jour 1250 employés gabonais dont l’âge varie entre 18 et 40 ans.

Ge : Quel est la variation des flux d’entrées et de sorties en termes d’emploi au sein du site ?

WM : De nombreuses personnes que nous recevons ici au sein du site postulent souvent pour un emploi à court terme. Il s’agit en général d’élèves ou étudiants qui viennent pour une expérience professionnelle en vue de se faire une économie financière dans le but de poursuivre leurs études. On enregistre de ce fait un volume d’entrées et de sortie en termes d’emploi dont la variation mensuelle est de 50 à 100 employés par mois.

Ge : Lors de la visite du site, nous avons rencontré des employés, des agents de maîtrise notamment qui se plaignent de leur traitement notamment au niveau des salaires. Que pouvez-vous nous dire à ce sujet ?

WM  : Je suis bien surpris que jusqu’à présent il y a encore des employés qui se plaignent de leur traitement salarial. Au Gabon le revenu minimum mensuel est de l’ordre de 150 000 francs CFA si non le SMIC reste à 80 000 francs CFA. Le revenu minimum mensuel est établi en fonction du SMIC et des autres accessoires du salaire qui doivent être au minimum à 150 000 francs CFA, c’est à dire qu’au Gabon un employé ne doit pas avoir un salaire en dessous de 150 000 francs CFA. Si nous allons sur cette base, je pense qu’à Olam nous respectons cela, nous donnons un minimum aux opérateurs agricoles qui sont considérés comme les plus petits de nos employés.

Avec 675 francs CFA l’heure et considérant que le temps de travail dans le secteur agricole est de 200 heures par mois, lorsqu’on essaie de manipuler les chiffres, 675 francs CFA x 200 heures, cela donne 135 000 francs CFA additionnés au 15 000 francs CFA que nous donnons comme indemnité de logement je crois que le revenu minimum mensuel est respecté.

Ge : Au niveau des contrats, quels sont les contrats les plus privilégiés ?


WM
 : La loi dispose que le contrat à durée déterminée (CDD) a un terme certain et que celui-ci peut être renouvelé au tant de fois mais à condition que sa durée ne dépasse deux ans. Donc au début, nous faisons des CDD soit de deux mois ou de six mois et au terme de deux années de présence dans l’entreprise, normalement de facto, la personne est admise en CDI si son rendement suit. A l’heure actuelle, le site compte 19 agents de maîtrise tous genres confondus en CDI.

Ge : Sur le moyen et long terme, quelles sont les perspectives en termes d’emploi pour le site d’Awala ?

WM : L’objectif principal en termes d’emploi est la gabonisation des postes. Nous espérons qu’à l’horizon 2018, un maximum de postes actuellement occupés par ceux qui nous apportent leur expertise c’est-à-dire les expatriés indonésiens qui sont essentiellement nos formateurs, seront occupés par des Gabonais. Nous pourrons réduire leur nombre à 40% des effectifs et les Gabonais pourront ainsi prendre 60% et au fur et à mesure jusqu’à ce que nous nous approprions l’outil de production.

Nos objectifs sont déjà de permettre à ce que les Gabonais s’approprient l’outil de production. Une fois cette ambition atteinte, alors le processus de gabonisation qui a d’ailleurs déjà commencé via le transfert des compétences de nos experts indonésiens aux nationaux que nous sommes pourra être atteint et nous allons avoir un 100% des gabonais à la direction de cette entreprise.


Michael Moukouangui Moukala

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