Justice : Le travail a repris en clamant l’indépendance de la justice

mercredi 15 février 2017 Société & environnement


C’est la reprise du travail ce mercredi 15 février dans les tribunaux et autres cours de justice. En assemblée générale hier, le syndicat national des magistrats du Gabon (Synamag), a décidé de suspendre le mouvement de grève débuté il y a 3 mois. Une reprise sur fond de satisfaction des 6 points contenus dans le cahier de charge. Toutefois le Synamag suit avec attention l’évolution des dossiers en clamant la refonte des textes et surtout la séparation des pouvoirs. Au terme de cette assemblée générale des magistrats, le président du Syndicat national des magistrats du Gabon, Germain Ella Nguema s’est expliqué. Interview.

Gaboneco (Ge) : Mr le président pourquoi avez-vous suspendu la grève après 3 mois ?

Germain Ella Nguema (GEN)  : La décision de suspension de la grève a été prise en assemblée générale par les magistrats. Nous notons des avancées significatives. Le ministre de la Justice a quitté l’immeuble au quartier Batterie 4 qu’il occupait. Nous sommes entrés en possession de la PIP (Prime d’incitation à la performance). Il y a aussi le décret 404 qui a connu des avancés. Les magistrats hors hiérarchie vont l’avoir dès cette fin du mois. Une partie des robes a été livrée à la promotion 2016. C’est vrai, il reste encore une autre partie mais la commande a été faite.

Fort de ces avancées et vu que notre mouvement cause du tort aux populations, surtout au bas peuple nous nous sommes dit que nous n’allions pas laisser les gens pourrir en prison. En plus les travailleurs sont restés longtemps sans savoir leur droit. Surtout qu’en ce moment la crise économique a entrainé des licenciements massifs.

Ge : Mais qu’en est-il des bâtiments des tribunaux administratifs tant à Port-Gentil qu’à Franceville ?

GEN : Sur ce point nous avons eu une convention signée par l’état et une société gabonaise qui va préfinancer les travaux de constructions. Normalement les travaux débutent le mois prochain pour durer 6 mois.

Ge : Et au niveau de Libreville ?

GEN  : Pour Libreville c’est réglé, puisque le ministre de la Justice qui occupait le bâtiment au quartier Batterie 4 est parti. Les locaux sont désormais libres. Nous allons très rapidement prendre possession des lieux.

Ge : Dans votre cahier de revendications il y a 30 points, seulement 6 ont été mis en exergue. Qu’est-ce que vous faites des 24 autres points ?

GEN  : Cela participe justement de notre volonté de lâcher du lest. Nous avons un long parcours. Nous avions 30 points parmi lesquels, 6 ont trouvé des solutions. Maintenant que nous avons obtenu des avancées là-dessus nous avons demandé au Garde des sceaux de faire en sorte que la commission chargée de la réforme des textes puisse rapidement travailler. Cette commission va rassembler les experts du syndicat et de la tutelle. Nous aurons à débattre de l’indépendance de la justice et aussi des questions matérielles pour permettre aux magistrats de bien faire le travail. Nous avons décidé d’avancer avec la tutelle sur ces points. Les travaux en commission vont débuter la semaine prochaine.

Ge : Mr le président, allez-vous continuer à demander l’indépendance de la justice donc la séparation des pouvoirs claire et nette ?

GEN : C’est obligatoire et clair. Nous ne voulons plus de l’intrusion des politiques dans la justice. Le conseil supérieur de la magistrature doit être obligatoirement débarrassé des hommes politiques. On ne peut pas avoir une vraie justice si l’exécutif est à l’intérieur de notre de Conseil supérieur de la magistrature. J’aime le répéter, on ne peut pas être le président de la République d’un pays, chef de l’exécutif et être en même temps le président du Conseil supérieur de la magistrature. C’est incompatible. L’exécutif et le judicaire n’ont pas les mêmes vocations.

En plus du chef de l’Etat, il faut que les autres ministres, sénateurs et députés ne soient plus dans l’appareil judiciaire. Il faut respecter les normes. Nous vivons dans un monde où il y a des normes établies. Il faut respecter l’indépendance de la magistrature. Nous devons avoir les coudées franches pour nommer en bonne intelligence les magistrats. Nous devons aussi avoir les mains libres dans le processus de promotion parce qu’il faut reconnaître que les hommes politiques procèdent à des nominations qui servent leurs propres intérêts. Ils ne le font pas pour aider la justice. Beaucoup de gens sont nommés dans le désordre à la faveur de liens familiaux ou d’amitié. Nous ne voulons plus de cela. Cela doit cesser. Nous voulons une justice saine, indépendante et surtout compétente. Nous sommes jugés par le peuple qui en ce moment n’est pas du tout satisfait de notre travail. Beaucoup ne nous font plus confiance parce que pour eux tout est pipé depuis le départ. Il faut une nouvelle justice au Gabon. Cela ne doit pas exister seulement dans les beaux discours.


YAO

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