L’e-commerce : une mine d’or non exploitée au Gabon

mercredi 26 novembre 2014 Economie


Lors du Sommet mondial de l’Entreprenariat qui s’est tenu du 19 au 21 novembre à Marrakech au Maroc, la banque marocaine Attijari Wafa, dont la filiale gabonaise est l’Union Gabonaise de Banque (UGB) a signé avec Paypal, leader mondial du paiement en ligne, un partenariat pour le développement d’un nouveau produit : Attijari Paypal qui contribuera de beaucoup au développement de l’e-commerce dans le Royaume chérifien. Au Gabon, ce secteur pourtant porteur, peine à décoller, du fait d’une absence totale de mécanismes de paiement en ligne.

Le commerce virtuel
ne connaît pas la crise. A en croire les chiffres d’affaires à donner le
tournis, générés par ce jeune, mais très prometteur secteur d’activités.

 

En effet, depuis
2011, l’e-commerce ne cesse de battre des records de croissance.

Selon eMarketer,
spécialiste en marketing digital, ce sont plus de 1000 milliards de dollars qui
ont été dépensés en 2012 sur le marché de l’e-commerce, soit une croissance de
21% par rapport à l’année précédente.

Et en 2013, le
nombre d’acheteurs sur internet est passé de 903,6 millions à 1,15 milliard.

Les plus grands
utilisateurs de plateformes d’achats en ligne se trouvent en Asie-Pacifique,
avec plus de 391,1 millions d’acheteurs en 2012.

 

Et dans ce
développement impressionnant des cybermarchés, l’Afrique n’est pas en reste.

Konga au Nigéria,
Rupu au Kénya, Jumia au Maroc et au Nigéria, Mabrouk, SoukExpert et Kaymu dans
plusieurs pays. On ne compte plus les plateformes d’e-commerce qui sont créées
depuis quelques années sur le continent.

 

Et malgré des
difficultés liées à la logistique (problèmes de connectivité, faible taux de
bancarisation des populations etc…), le cyber commerce est en train de gagner
du terrain en Afrique, et affiche même déjà, dans certains cas, des chiffres
très encourageants.

 

Au Maroc, où un
partenariat entre Attijari Wafa Bank et Paypal, a été signé vendredi dernier
pour la création d’une plateforme d’e-payment, le commerce virtuel a généré en 2013,
87 millions de dollars, soit 41,7 milliards de francs CFA. Et ce chiffre
pourrait bien augmenter d’au moins 5% cette année 2014.

 

Mais au Gabon où,
pourtant des efforts sont consentis pour l’amélioration de la connectivité,
avec l’installation de la fibre optique, le passage à la 3G et à la 4G par
certains opérateurs de téléphonie mobile, la baisse des tarifs des abonnements
internet, la mayonnaise de l’e-commerce met beaucoup de temps à prendre.

 

En effet, en dehors
de quelques petites entreprises qui tentent, tant bien que mal d’instaurer la
vente en ligne BtoC dans les habitudes de consommation des Gabonais, il
n’existe pas de véritable plateforme, ni de logistique efficace, pouvant
permettre le développement de ce secteur.

En cause, l’absence
totale d’une offre de services de paiement en ligne, par les banques installées
dans le pays.

 

« Le taux de bancarisation des populations est
encore trop faible. L’Etat fait des efforts dans ce sens, en poussant les
fonctionnaires et les étudiants à ouvrir des comptes bancaires. Mais ce n’est
pas encore suffisant pour amener les banques à proposer des services de
paiement en ligne 
 », a expliqué M.F, cadre dans un établissement
bancaire de la place.

 

En effet, en dehors
d’Ecobank qui propose une carte Paypal rechargeable, aucun établissement
bancaire au Gabon ne donne la possibilité à ses clients d’effectuer des achats
en ligne.

 

« Nous proposions cette possibilité à nos
clients il y a quelques années. Mais à cause de problèmes liés à la sécurité,
nous avons du suspendre ce service 
 », expliquait à son tour un
conseiller clientèle d’UGB.

 

En Afrique, 7% des
transactions en ligne sont frauduleuses, contre 2% en Europe.

Mais ces chiffres ne
freinent pas pour autant l’engouement autour des ventes en ligne BtoC.

 

Outre cela, le
problème de transport et de livraison des produits, ce, dans un délai
compétitif, reste entier.

Frais de douanes
trop élevés, difficultés à créer un réseau interprovincial de transport
efficace, coûts de transport tout aussi élevés.

Autant de pesanteurs
qui en ont déjà découragé plus d’un, qui, au bout de quelques mois d’activités,
ont du abandonner leur projet.

 

Et le Gabon qui,
depuis quelques années, a initié un processus de diversification de son
économie, gagnerait à explorer plus profondément la mine d’or que représente ce
secteur d’activités, en mettant en place un cadre et des mesures d’accompagnement
qui permettront aux acteurs de ce secteur, de véritablement s’installer et se
développer.


SEE

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