L’EMPLOI, CE CASSE- TÊTE !

lundi 4 novembre 2019 Economie


Le Gabon comme beaucoup d’autres États sur le continent ayant été colonisés par la France, n’ayons pas peur des mots, fait partie de ceux- là dans lesquels, plus le temps passe, plus l’espoir semble s’évanouir, vu que les politiques pratiquées par les dirigeants s’avèrent dans la plupart des cas inopérantes. Ce ne sont pas nos propres vues de l’esprit, mais bien l’image que reflète la réalité, image que viennent conforter les analyses de grandes agences de notation occidentales. Et pourtant, pour ce qui est de l’emploi, la création de l’Office national de l’emploi (ONE) avait été accueillie avec satisfaction.

Créer l’emploi, voici l’un des défis des pays dont la population dans sa majorité est jeune. On l’a vu par exemple avec la Tunisie où Zine El-Abidine Ben Ali avait accéléré l’instruction dans le but de presser le développement de son pays, Zine El- Abidine Ben Ali qui, malheureusement, a eu l’effet contraire de ce qu’il souhaitait réaliser, non pas parce qu’il avait opéré le mauvais choix, mais simplement parce tous les instruits qui n’avaient plus accès au marché du travail avaient nourri une haine envers celui qui incarnait le système au point de mener la révolution avec le reste de la population qui mit fin aux jours de l’ancien président tunisien à la tête de l’État. L’on comprend alors aisément que « le travail éloignant de nous les trois maux que sont l’ennui, le vice et le besoin », il vaut mieux avoir affaire à une population satisfaite qu’à une insatisfaite du fait d’un chômage endémique souvent de l’ordre structurel plutôt que conjoncturel.

« Gouverner, c’est prévoir » entend-on presqu’à tout bout de champ, cette phrase sortant la plupart du temps de la bouche de ceux qui, dit- on, on en mains le destin des peuples. Alors, faut- il que l’on se demande si cela leur dit d’asseoir des projets porteurs en commençant par adapter l’instruction des apprenants aux réalités socio- économiques de leur environnement. Car à quoi sert- il de former pour former ?

L’ancien schéma disposant que tout développement économique commence par celui du secteur agricole a encore de beaux jours devant lui, pourrait- on croire, puisqu’il est jusqu’aujourd’hui démontré qu’une population bien nourrie est non seulement celle qui se porte mieux et n’occasionne pas de grosses dépenses à l’État pour être prise en charge, mais se présente également comme une source de vitalité pour son économie dans la mesure où elle constitue un marché parce que consommatrice des produits nationaux. Si nous insistons sur les produits nationaux, c’est parce que ceux d’importation causent d’énormes dépenses qui affectent l’équilibre du portefeuille public. Le secteur agricole doit donc faire partie logiquement de ceux que l’on désigne comme prioritaires, d’où la formation doit être perçue comme nécessaire. Où en est- on ? D’autres secteurs, le commerce et le tourisme par exemple mériteraient qu’on leur accorde également une place de choix vu qu’ils peuvent facilement, s’ils sont bien organisés, attirer beaucoup de monde et nourrir leur homme si les gouvernements s’engagent à soutenir efficacement et sans relâche ceux qui s’y investissent. Sans parler des pays de la région du Maghreb qui s’illustrent positivement dans lesdits secteurs, nous citerons en exemple ceux de l’est de l’Afrique à l’instar du Kenya et de certains autres dans l’ouest du continent comme le Sénégal qui ont compris qu’il y a là lieu de parler de véritables niches d’emploi, encore faut- il aux gouvernants travailler à valoriser ces pans de l’économie nationale pour les rendre attractifs à tous points de vue.

C’est en réfléchissant sur les débouchés potentiels de leurs pays respectifs que les gouvernants peuvent faire bouger en toute confiance les lignes et permettre aux citoyens de croire en leurs propos qui frisent assez souvent des effets d’annonce. A quoi, nous sommes- nous demandé, servent les fameuses cartes de demandeur d’emploi servies comme des gadgets aux personnes en quête d’un emploi qui ont sollicité ses services par l’Office national de l’emploi gabonais (ONE) si elles n’obéissent à aucune planification et s’appliquent à des gens n’ayant pas toujours le profil requis pour attirer l’attention des entreprises ? Tout devrait normalement partir d’une refonte des programmes scolaires qui privilégieraient des formations susceptibles de procurer de l’emploi et serait aussi bien profitable aux travailleurs qu’à la société tout entière. Il est ici question d’établir un équilibre durable ou une adéquation formation/ emploi, c’est- à- dire en clair ne plus former pour former si l’on tient à ce qu’il y ait de moins en moins de chômeurs et de mouvements sociaux liés au phénomène du chômage. Ce ne sont pas assurément les beaux discours qui freineront cette tendance devenue hélas récurrente, mais une dose de réalisme et de savoir- faire partant de la compétence et du patriotisme des décideurs qui n’ont que trop souvent opté pour la résignation et la démission devant leurs charges régaliennes.

Dommage qu’ils ne veuillent pas rendre leur tablier lorsqu’ils se sentent dépassés par les événements pour certainement céder la place à des personnalités plus à même de gérer et de pousser leurs compatriotes affichés sereins. Pourquoi devons- nous sans cesse accepter d’être à la remorque des autres non pas que l’on ait le même niveau de développement, mais simplement ne plus admettre qu’alors que nous aussi regorgeons de cerveaux, pourvu qu’ils soient utilisés à bon escient pour que leur participation à l’éclosion de tous et de la nation soit de mise, nous continuons de nous confiner à adopter des comportements rétrogrades qui commandent que l’homme qu’il faut ne soit pas à la place qu’il faut. L’emploi est en effet une question qui nécessite que l’on y réfléchisse mûrement en y associant des âmes mues par la satisfaction de l’intérêt général et du pays pour ne pas dire de l’Afrique avant que de constituer un vulgaire sujet d’échange entre individus visiblement désintéressés, parfois à court d’idées, qui se savent incapables du fond de leur cœur d’apporter des modifications significatives à la courbe négative subie en partie à cause d’application de politiques surannées. Non, nous ne méritons pas cela, mais bien mieux, ce pourquoi nous recommandons avec véhémence que ce sujet revête l’importance qui devrait être le sien.


Dounguenzolou

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