La chronique de l’Agitateur : Bizarre, vous avez dit bizarre ?

samedi 9 septembre 2017 Speciales


L’actualité politique gabonaise s’enrichit chaque jour de faits insolites : la recomposition du gouvernement post-dialogue politique d’Angondjé et l’éviction, à peine reconduit dans ce même gouvernement, du très trublion ex-ministre d’Etat, Bruno Ben Moubamba

Deux faits d’actualité largement commentés par la presse locale. Le nouveau gouvernement érigé dans l’esprit du dialogue d’Angondjé qui entendait calmer les ardeurs des uns et des autres et décrisper un climat social assez tendu hérité du contentieux postélectoral, a vu l’entrée de quelques opposants controversés et qui ne pèsent pas grand-chose sur la scène politique nationale. De parfaits inconnus au bataillon, cooptés par des parents, ils ont été intronisés ministres ou sous-ministres. Des fils et filles à papa, ont été faits ministres.

Même s’il s’agit de cancres, le fait de leur filiation fait d’eux des méritants dont les promotions honorent le nom de leurs géniteurs qui devient telle une marque de fabrique à protéger. Ainsi les Biendi Maganga Moussavou, Ndaot, Berre, Mboumbou Miyakou… ont été promus à des postes ministériels. Il est ici question de perpétuer une dynastie, une espèce, une lignée d’individus. En marge de ce gouvernement, on a vu l’érection scandaleuse d’un certain Pierre Claver Maganga Moussavou au poste de Vice-président de la République, poste qu’il a longtemps voulu occuper. Sa posture politique ambigüe faisait de lui une sorte d’équilibriste écartelé entre le pouvoir et l’opposition. Mais cet homme traine un boulet : il est vomi dans la province de la Ngounié qu’il prétend être son fief politique. Le porter au poste de Vice-président est perçu comme l’injure suprême faite à la province qui s’accommode que très mal de son impopularité et de son arrogance de petit merdeux.

Dernier fait en date aussi cocasse que jouissif, c’est l’éviction de Bruno Ben Moubamba qui, outrageusement, occupait le poste de ministre de l’Habitat. Cet homme très guindé et aux allures baroques était de trop dans les différents gouvernements Issoze Ngondet. Il aura beau justifier ses coups de gueule, son indiscipline et le manque de solidarité gouvernementale au point qu’il évoluait en électron libre, rien ne pouvait expliquer ses écarts de conduite et de langage. Il était comme un cheveu dans la soupe gouvernementale. Sur ses différents ‘’posts’’, il affirme que toutes les réformes initiées dans le secteur dont il avait la charge étaient torpillées de l’intérieur par un groupe d’individus aux yeux desquels il apparaissait comme un empêcheur de tourner en rond. Des réformes étaient pourtant adoptées en Conseil des ministres, avoue l’homme, mais balayées par des mains noires dans l’obscurité des coulisses de la présidence de la République. Bruno Ben Moubamba est sans doute assez naïf pour ne pas se douter des mœurs du milieu surtout qu’il s’était érigé en redresseur de torts et s’était mis à dos de nombreux sorciers hostiles au développement. Pauvre petit Moubamba, juste un petit détour au gouvernement et le voilà sur la brèche. Ejecté du gouvernement, va-t-il, pour sa revanche, radicaliser son discours contre le président de la République pour avoir été jeté tel un kleenex ou, va-t-il entamer une énième grève de la faim jusqu’à ce que mort s’ensuive ?


L’Agitateur

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