La Chronique de l’Agitateur : Hôpitaux, quand incompétence rime mal avec professionnalisme

mardi 4 avril 2017 Speciales


Hôpital des Instructions des armées lundi 3 avril 2017

Il est 3 heures du mat quand arrive un malade en hurlant, sa tête est une grenade prête à exploser. Il se plein de violents maux de tête qui lui donnent l’impression que sa tête va effectivement faire boom. Le réceptionniste des urgences, un homme grand de taille au teint clair et au visage balafré, exige, pour être reçu, qu’il paye les frais de consultation. Ce qui fut fait. Le temps passe, rien qui bouge. Aucune trace du personnel soignant. Le patient accompagné de son frère cadet, se tord toujours de douleurs jusqu’à 6 heures sans être reçu.

Entre temps un autre malade arrive à son tour. Il traîne une grave blessure dans le dos. Un couteau a dû échouer là. Sans doute l’œuvre des braqueurs qui écument les rues de Libreville la nuit tombée. Il n’a pas d’argent sur lui pour payer la consultation. Le réceptionniste lui signifie froidement que sans argent pas de soins. Le blessé n’a d’autres choix que d’aller voir dans une autre structure sanitaire quitte à ce qu’il trouve la mort par hémorragie en chemin. Le blessé rebrousse chemin en saignant sous le regard indifférent du réceptionniste. Ça coûtait quoi, même sans argent, de lui administrer les premiers soins ; le geste qui sauve s’imposait pourtant ! Passer un bout de fil sur la blessure afin d’arrêter l’hémorragie et ensuite le garder en observation en attendant l’arrivée des parents pour s’acquitter des frais, était pourtant la démarche salutaire chez tout praticien sérieux. On comprend donc que s’il était arrivé aux urgences dans un état d’inconscience totale, le réceptionniste l’aurait laissé crever en toute indifférence !

L’attente se fait longue, pas de premiers soins pour calmer les violents maux de tête du jeune homme totalement affalé. Son frère cadet veut comprendre ce qui se passe. Le réceptionniste le rabroue promptement : ‘’Si vous ne voulez pas attendre vous pouvez aller voir ailleurs comme le monsieur à la blessure.’’ Le frère cadet face à cette discourtoisie, craque : ‘’C’est comme çà que vous nous répondez, si vous êtes incompétent pourquoi ne démissionnez-vous pas, il y a des tas de Gabonais qui cherchent un emploi ; êtes-vous seulement conscient du tort que vous causez aux patients en détresse, rendez-vous service à celui qui a commis la monstrueuse erreur de vous parachuter là où vous êtes, franchement pour qui vous prenez-vous ?’’ Après cette rafale, les deux frères, profondément déçus par cet accueil un peu spécial, reprennent ainsi le chemin du retour afin de chercher une unité de soins.

Mais quel est ce génie qui a affecté cette brute à la réception, la vitrine de l’établissement ? Ce jour là on aurait pu enregistrer le pire. On comprend pourquoi à cause des énergumènes de ce calibre, on enregistre très souvent des cas de décès à l’hôpital des instructions des armées. Fier de ses exploits, le gaillard ne se prend vraiment pas pour une sous-merde.
Sa balafre frontale trahi le milieu d’où il sort, sans doute un ancien bandit reconverti. Son comportement en dit long.
Comment est-ce possible que des patients attendent des heures avant d’être reçus ? L’hôpital des instructions des armées, malgré ses équipements dernière génération, peine semble-t-il à se hisser au niveau des standards internationaux en matière d’offre des soins.

Les émergents doivent trouver le modus opérandi avant que tout ne foute le camp du fait de l’incompétence managériale. Les choses dans cet établissement sont loin de s’améliorer. Trouver un spécialiste relève du miracle. Il faut parfois attendre des mois. Du jamais vu ! Pourquoi ne pas confier la gestion de ce bijou en matière sanitaire à des privés ? Si l’on veut que cet hôpital devienne le Val-de-Grâce gabonais et reçoive ses lettres de noblesse en matière de santé publique, son directeur actuel doit être simplement viré pour incompétence avérée. Au fait, et quelle est la responsabilité du ministre de tutelle, Léon Nzouba n’est-il pas au parfum du bordel ambiant entretenu par la racaille en blouse blanche ? S’il ne peut pas mettre de l’ordre qu’il rende son tablier !


L’Agitateur

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