La Chronique de l’Agitateur : Le CNC est mort, vive la HAC !

samedi 3 mars 2018 Speciales


Selon un projet d’ordonnance pris en Conseil des ministres du 23 février 2018 dernier, la Haute Autorité de la Communication (HAC) naît sur les restes du Conseil National de la Communication (CNC) qui attend désormais que soit délivré, par les autorités, son acte de décès.

Le nouvel organe de régulation des médias ne change rien au mode de fonctionnement de l’institution dont elle est l’émanation, même si l’on peut noter une légère innovation quant au mode de désignation des Conseillers-membres dont le nombre reste inchangé(9). La petite innovation dans la nouvelle version de cette institution, c’est que 2 Conseillers-membres seront nommés par la corporation, donc les pairs. Une mesure saluée par les professionnels des médias et du cinéma qui supportent mal que leurs représentants soient choisis par des personnes étrangères à ces deux corps de métiers, que sont le président de la République (3 Conseillers-membres), le président du Sénat (2 Conseillers-membres) et le président de l’Assemblée nationale (2 conseillers-membres).

Ce que l’on attend d’une institution comme celle-là, c’est sa totale indépendance vis-à-vis des chapelles politiques afin que la régulation et l’accès équitable de tous les acteurs politiques aux médias publics ne souffrent d’aucune distorsion. Hors, qu’est-ce qu’on voit, nommés par des politiques, leur arbitrage est une lamentable transgression du fait d’une connivence coupable avec ceux qui leur ont donné mandat. Les Conseillers-membres, politiquement marqués, sont redevables de ceux qui les ont fait rois, et deviennent, pour ainsi dire, des sortes de relais captifs des politiques et ne peuvent donc arbitrer en toute neutralité. Plus curieux : c’est que le président de l’institution peut être un individu issu d’un autre corps de métier. C’est le cas de l’actuel président sortant, Jean François Ndongou, illustre inconnu au bataillon médiatique ou cinématographique. C’est comme si le président de la Cour constitutionnelle était un étranger au milieu judiciaire, ce qui serait une parfaite aberration que le plus des idiots ne pourrait imaginer.

Faire nommer les Conseillers-membres par des politiques, en effet, pose un réel problème : le risque c’est que leur choix n’obéi nullement aux critères de professionnalisme avéré qui ne souffrirait d’aucune controverse ; mais obéi plutôt à un cocktail de critères imbéciles fondés sur la parenté, l’ethnie, le village et la province. D’où le peu de crédit accordé à l’institution par les professionnels aux yeux de qui, elle n’incarne nullement un modèle de professionnalisme. Comment comprendre que ceux qui régulent et jugent du sérieux des hommes des médias ou du cinéma soient des gens au professionnalisme controversée et à la réputation surfaite ? Là est tout le problème qui ruine le crédit de cette institution.


L’Agitateur

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