La chronique de l’Agitateur : Le Coup d’Etat manqué, l’arbre qui cache la forêt ?

lundi 14 janvier 2019 Speciales


A en croire une affaire de fous ! De jeunes hommes aux mines serrées, fusils d’assaut en bandoulière, ont crânement investi, le lundi 7 janvier dernier au petit matin, la maison Georges Rawiri, siège de la radio et télévision gabonaise. Objectif : livrer un message de libération. Le message en lui-même avait un air du déjà entendu et qui avait tout d’une pale copie des jérémiades politiques de l’Union Nationale et d’un groupuscule de petites rentes politiques abusivement appelées partis politiques peuplés d’opportunistes aux petits pieds chapeautés par un certain Louis Gaston Mayila connu pour ses frasques existentielles.

Ces jeunes hommes en armes se seraient-ils laissés enivrer par le discours martial de ces va-t-en guerre au point d’envisager pareille descente musclée qui a coûté la vie à deux membres du commando ? Ont-ils, de leur propre initiative, tenté l’impossible tout en se disant que sait-on jamais ? Si des guignols tels que le sergent-chef Samuel Do du Libéria ou le caporal Gnassingbé Eyadéma du Togo ont réussi l’exploit pour se retrouver outrageusement au pouvoir dans leurs pays respectifs, l’aventure en valait donc la peine d’être tentée, auraient-ils conclu. Vraiment une histoire à dormir debout !
Face à l’ « indisponibilité temporaire » du président de la République en convalescence à Rabat au Maroc, ces salopards de l’opposition situationniste suggèrent la tenue d’une concertation nationale à laquelle ils prendront évidemment part pour, disent-ils, « aboutir à des solutions concertées » qui mettraient un terme à « la crise multiformes ».

Comme thérapie à cette crise, ils proposent « la mise en place d’une Assemblée constituante, la remise à plat des Institutions constitutionnelles et l’instauration d’une transition politique de deux ans avec un président de transition et un gouvernement de transition, (tout en se réservant le droit de) mener des actions multiformes en vue de revendiquer les conditions de redressement du pays ». En fait, la bande à Mayila en panne sèche en matière d’idées politiques, n’a fait que recycler honteusement ce qui devient le manifeste idéologique de l’Union nationale (UN) car, avant que Mayila et son groupe ne poussent leur gueulante, c’est l’UN, le premier a avoir donné le ton dans un communiqué qui avait tout d’un appel à l’insurrection ou à la désobéissance civique. En clair, une tentative de coup d’Etat qui ne dit pas son nom. Et la presse, en digne caisse de résonnance, s’est engouffrée pieds et mains liés dans la brèche sans y voir le caractère pernicieux de ces différents communiqués que l’on peut qualifier de dérive liberticide.

A la suite de Roland Désiré Abaa Minko, un psychopathe connu pour avoir simulé des bombes artisanales qu’il déposait dans des salles de rédaction et dans certaines chancelleries afin que son message de libération soit bien entendu par les autorités gabonaises et la communauté internationale, quelques éléments de la Garde Républicaine ont repris le flambeau, cette fois sans faire dans le simulacre imbécile de Roland Désiré. Un commando d’une dizaine d’hommes sous les ordres du lieutenant Kelly Ondo Obiang, nous a apparu comme le bras séculier de l’opposition qui, d’ailleurs, n’a pas fustigé cette tentative de putsch ; se bornant juste, par la voix d’Alexandre Barro Chambrier, leader du Rassemblement Héritage et Modernité (RHM), à demander « un procès équitable » sans plus. Par cette indifférence coupable, l’opposition fait preuve d’une irresponsabilité déconcertante venant de gens qui, dit-on, ont pour principale ambition de prendre le pouvoir.

Ce petit groupe de militaires aux visages sinistres n’étaient même pas convaincus de la portée de l’acte qu’ils étaient en train de poser à la face du monde. C’était comme dans un film où l’acteur principal n’est pas dans la peau de son personnage. Ces bambins étaient naïvement convaincus que le fait de porter des fusils d’assaut en bandoulière et un appel au ralliement à la cause, suffisaient à faire sauter la citadelle imprenable. Faire porter le chapeau à ces jeunes militaires qui ont à peine dépassé l’âge de l’adolescence, c’est faire injure au sens de l’analyse. A l’observation, ces jeunes gens ont simplement servi de détonateur d’une bombe ayant fait long feu à l’allumage. Leur appel au ralliement sonnait comme un cri de détresse ; un sentiment d’avoir été lâchés par les marionnettistes tapis dans l’ombre du palais du Bord de mer où la guerre des clans fait rage.

La bombe elle même est encore là, elle est entre les mains de sulfureux personnages qui entendent coûte que coûte prendre le pouvoir par les armes. Guindés dans leurs uniformes, ces hauts gradés embourgeoisés qui flirtent avec « l’ennemi » sont bien parmi nous, on les voit se pavaner à longueur de journée dans des cafés huppés avec un air de sérieux. S’il y a des sanctions pénales, ils doivent aussi répondre de leurs actes au même titre que ces jeunes militaires qui doivent être présentés devant une cours martiale ainsi qu’en a décidé le Procureur de la République.


L’Agitateur

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