La chronique de l’Agitateur : Pourquoi s’en prendre à Wivine ?

vendredi 16 juin 2017 Speciales


Pour avoir commis un lapsus lors du JT de 20 heures, il y a quelque jours, Wivine Ovandong, la journaliste de Gabon-télévision a été retirée du petit écran et peut-être serait-elle déjà attachée pieds et mains liés et placée sur un siège éjectable, qui sait !

Le lapsus, tout le monde peut en convenir, est le propre de l’Homme. Le président Ali Bongo dont le nom a été cité en lieu et place de celui de son prédécesseur dont on a célébré le 8ème anniversaire de sa disparition à Barcelone, ne tiendra pas rigueur à la jeune consœur pour un tel lapsus qui peut arriver à tout le monde. Lui qui connaît l’univers musical où une note de musique peut être confondue à une autre, où l’improvisation masque bien des fausses notes, Il n’y a donc pas de quoi rougir et en faire une tartine surtout venant d’un journaliste qui, tellement absorbé par l’émotion produite par son show télévisé en direct, n’est pas à l’abri de tout lapsus.

Tout professionnel sérieux vous dira que le lapsus, tel un phénomène fantomatique, hante notre métier. Donc ce n’est pas le propre seulement de Wivine. Le lapsus serait passé sous silence si les carriéristes aux petits pieds de Gabon-télévision, voulant à tout prix caresser ceux qui ont le pouvoir de nomination dans le sens du poil, n’avaient pas donné dans un zèle merdique. Pourquoi alors clouer la jeune consœur au pilori puisque, selon la définition que nous donne le dictionnaire Larousse illustré, le lapsus ce n’est autre que l’ « Emploi involontaire d’un mot pour un autre, en langage parlé ou écrit ». Cette définition suffit pourtant à disculper la jeune journaliste qu’on accuse bêtement d’avoir eu une intention malveillante au point de s’attirer les foudres de ses patrons.

Les responsables de cette chaîne de télévision, s’ils avaient suivi le journal, lui auraient fait remarquer le lapsus et elle aurait présenté, juste après, ses excuses aux téléspectateurs, et non à Ali Bongo, pour cette confusion involontaire en précisant, selon la formule consacrée dans notre métier : « vous l’aurez compris qu’il s’agissait bien du 8ème anniversaire de la mort du président Omar Bongo à Barcelone et non de celle de l’actuel président ». Si sanctions il y a, elle doit être infligée au Directeur général, le garant de la ligne éditoriale, au directeur du journal parlé et aux secrétaires de rédaction. Nos confrères qui officient dans cette chaîne de télévision travaillent avec les moyens du bord : pas d’oreillettes de retour. Pas d’écran de contrôle. Comment voulez-vous qu’un présentateur se rende compte de son lapsus dans de telles conditions de travail minimalistes ? Non, arrêtons d’amuser la galerie.


L’Agitateur

Vos commentaires

  • Le 16 juin à 10:02, par abdelKurt En réponse à : La chronique de l’Agitateur : Pourquoi s’en prendre à Wivine ?

    Entièrement d’accord !

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  • Le 18 juin à 03:14, par Mba Abessole MInko En réponse à : La chronique de l’Agitateur : Pourquoi s’en prendre à Wivine ?

    Cher Agitateur
    Autant je suis souvent d’accord avec vos écrits, autant je m’oppose à la profondeur de ce texte sur Mlle Wivine Ovandong..
    Donc je suis entierement en désaccord avec vous.
    De prime abord, je voudrais signaler, oui faut le faire, que je ne suis ni un pdegiste, ni un bateke, ni un bongoiste, ni un privilégié. Mais juste un observateur attentif !
    Autant nous sommes tous d’accord que n’importe qui peut commettre l’impair en prononcant un lapsus, autant nous avons été tres surpris par le manque de réactivité de l’équipe du journal de télé Gabon dans le monent ayant suivi le "dit-on lapsus."
    Ne prenons pas tout le monde pour des m...!!! Bien que nous sommes au... Gabon.
    Le "dit-on" lapsus de Wivine Ovandong n’en est pas un ! Je vous le démontre par un fait tres simple.
    Dans sa phrase, Mademoiselle Ovandong dit "Ali Bongo Ondimba s’est éteint à Barcelone en Espagne. (...)"
    Dans cette "belle" phrase, le temps (conjugaison) employé n’est pas le passé, ni le passé composé, mais le PRESENT. Tout est dit !
    Toute confusion à un lapsus n’est plus permis, ni acceptable !

    Un/une journaliste ayant les connaissances minimales de la conjugaison française ne me dira pas le contraire.
    Si Ovandong avait dit " Il y a 8 ans, Ali Bongo Ondimba s’etait à Barcelone en Espagne...", alors là on aurait compris le lapsus (meme si calculé !)

    Mais utiliser le temps PRESENT en utilisant le nom du présent président, il n’y a aucun doute, la faute (et non le lapsus) était bel et bien calculé, prémédité.
    S’il y a sanctions, il en faut en assumer les conséquences.

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