La presse gabonaise lue par l’Agitateur : Affaire Wada, un procès très attendu !

jeudi 29 mars 2018 Speciales


Deux sujets occupent la une des journaux gabonais : l’affaire Veolia/Etat gabonais et les procès devant la Cour criminelle spéciale visant des criminels financiers.

« Les Gabonais voleurs dans leur mentalité », clame le journal L’Aube. « Au regard du salaire des fonctionnaires et en dépit des fonctions que certains parmi eux occupent dans l’administration, on est à peu près certain que la majorité s’est illicitement enrichie. Difficile d’imaginer que les ordonnateurs de crédits n’aient jamais pris 250 000FCFA à l’Etat, tant il est une culture de détourner de l’argent dans ce pays », conclut le journal.

« Le détournement de deniers publics au Gabon, depuis des lustres, est un sport national très pratiqué par nombre de personnalités qui ont occupé et occupent certaines responsabilités. Pour s’en convaincre, il suffit de faire un tour dans les quartiers huppés de Libreville et ses environs. Quand on sait combien le fonctionnaire gabonais perçoit chaque mois, puisque la plupart des propriétaires de ces haciendas et grosses cylindrées sont des fonctionnaires, le contraste est effarant. C’est que, entre le gain et les biens acquis, même un malvoyant peut contester que tous ces biens, pour la plupart, sont mal acquis », analyse le journal le Temps.

« La Cour criminelle spéciale à la peine », rumine le journal Echos du Nord. « Le déploiement d’un contingent de policiers aux abords du Palais de justice, comme si une attaque de bandits de grand chemin était imminente, le filtrage des entrées, et la renonciation par le pouvoir à la retransmission des procès en direct sur la télévision nationale, après l’avoir promis, ne sont pas pour arranger les choses. Toujours est-il que les Gabonais verraient d’un bon œil de vrais procès et non pas des parodies, contre les vrais auteurs de détournements de deniers publics dans un petit pays où les projets inachevés ou non livrés se comptent par milliers, alors que leurs gestionnaires accumulent les biens matériels et financiers. On pourrait se demander si les accusateurs et les justiciers d’aujourd’hui sont blancs comme neige », assène l’hebdomadaire Echos du Nord.

Ce qui est convenu d’appeler « affaire Veolia » occupe également les colonnes des journaux gabonais. « Veolia traine le Gabon devant les tribunaux internationaux », souffle l’Hebdomadaire Le Mbandja. « L’affaire Veolia/Etat Bongo vient de connaître un rebondissement », fait remarquer le journal. « Après les passes d’armes entre les deux parties qui s’accusent de non respect des clauses contractuelles, le groupe Veolia, qui l’avait promis, vient de déposer une plainte auprès du centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements, un organe de la Banque mondiale basé à Washington. S’estimant ‘’exproprié’’ manu militari de sa filiale Veolia SEEG (détenue à 51% par l’entreprise française), poursuit le journal, Veolia accuse le régime de violer ‘’les règles élémentaires du droit international et des principes reconnus par la communauté des nations’’ ».

Le journal Ezombolo, sur le différend qui oppose l’Etat gabonais au groupe français Veolia, a publié une interview du Secrétaire général du groupe Veolia, Helman le Pas de Sécheval. A la question de savoir qu’espère-t-il en portant l’affaire devant le Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (Cirdi), l’homme nous donne cette réponse : « vous savez que nous reprochons à l’Etat gabonais de mettre en œuvre des méthodes illégales. Dans le contrat que nous avons signé, il y a 20 ans, il était prévu qu’en cas de désaccord, le ou les désaccords se porteraient devant le Cirdi. Ensuite, qu’est-ce nous attendons ? Il y a deux phases. La première est généralement assez courte, mais dépend beaucoup de l’attitude du gouvernement gabonais. Il s’agit en quelque sorte d’une phase dite de conciliation. En quelque sorte, nous avons déposé nos plaintes, nos griefs devant le Cirdi qui va se retourner vers le gouvernement gabonais et lui demander s’il souhaite essayer de trouver une entente, une porte de sortie par le biais de la conciliation. S’il accepte, les choses pourraient aller rapidement ; s’il refuse alors nous poursuivrons la procédure. C’est la phase 2, une procédure dite de contentieux. Et là, il y aura un jugement qui sera rendu à la fin par le Cirdi… »


L’Agitateur

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