La presse gabonaise lue par l’Agitateur : Etat gabonais contre Véolia

jeudi 1er mars 2018 Speciales


‘’L’affaire Etat gabonais-SEEG Véolia’’ a fait la une des journaux gabonais parus la semaine dernière. La rupture unilatérale de la concession décidée par l’Etat gabonais au détriment de la filiale française au Gabon, fait des vagues.

« Braquage à mains levées, assène le journal L’Aube. Tout part de l’organisation, le mardi 13 février dernier, rappelle le journal, d’une curieuse marche des populations contre les prestations de la SEEG. Des groupes de jeunes soit disant dépités par la qualité médiocre de la fourniture en eau et en électricité dans la capitale gabonaise manifestent leur colère devant le siège de la SEEG au centre-ville. Faits curieux, pour une marche spontanée des populations, des bus, banderoles, pancartes, sifflets, gourdins…sont rapidement mis à la disposition des manifestants. Des leaders de la société civile, plus connus pour leur flirt avec le pouvoir que leur engouement pour la défense des intérêts des populations sont à l’avant-garde du sit-in qui doit s’étendre sur trois jours. Tout ceci encadré par les forces de police qui, habitées exceptionnellement d’un sursaut patriotique, ne vont pas intervenir ou disperser la foule. », Rapporte le journal L’Aube.

« Désormais, poursuit le journal L’Aube, la SEEG, tout au long de la période transitoire, est aux mains de Marcelin Massala Akendengué. Entre-temps, pour bien signifier à la France un changement à 190 degré de partenaire, Ali Bongo inaugure des installations électriques sur l’axe Kango-Bifoun. Curieusement fruit d’un partenariat public-privé entre l’Etat gabonais et le groupe GSEZ-Olam. »

« La tension entre le gouvernement et la société SEEG-Véolia pourrait bien monter d’un cran, dans quelques jours. Prophétise le journal Le Temps. « En effet, renchérit le journal, après la décision du gouvernement de rompre le contrat avec la filiale du groupe Véolia et l’intervention des forces de l’ordre au sein de l’entreprise, les responsables de Véolia sont sortis de leur réserve et envisagent ester l’Etat gabonais en justice si, ce dernier ne respecte pas les règles de droit et ses engagements. »
« Quid de la dette ? » s’interroge le journal. « Pour l’Etat gabonais, il ne devrait qu’un peu plus de 3,8 milliards de FCFA à Véolia. Faux, rétorque le Secrétaire général de Véolia International, qui estime que le Gabon doit 41 milliards de FCFA au géant français. Une guerre des chiffres qui laisse l’opinion dubitative. Ne sachant qui dit vrai dans les chiffres avancés », conclut le journal.

« Une chose est certaine : personne ne veut d’une gestion gabonaise, pas même à moitié ! La période transitoire ne doit donc pas trop tirer en longueur. Au risque de voir les Gabonais retourner à l’époque de la torche indigène. » Estime le journal Le Nganga.

Le journal Le Mbandja soulève une série de questions : « Si la qualité médiocre des services rendus aux populations gabonaises depuis vingt (20) ans, voire plus, par la SEEG depuis son rachat par le groupe français Véolia est connu de tous, la rupture unilatérale, pour ne pas dire manu militari, de ce contrat par Patrick Eyogho Edzang, sous les ordres de Boa (Bongo Ondimaba Ali), n’est pas sans susciter des questions. Car est-ce le vendredi 16 février dernier seulement que Boa a-t-il été informé pour la première fois des délestages et des coupures intempestives d’eau et d’électricité de la part de la SEEG ? Pourquoi est-ce curieusement maintenant que cette concession, qui dure déjà plus de vingt ans, a-t-elle été brutalement arrêtée en toute illégalité par rapport aux dispositions contractuelles qui régissent les délégations de service de service public-privé et contrat de partenariat public-privé au Gabon et dans le monde ? » S’interroge le journal Le Mbandja.

« On peine à comprendre que c’est après deux décennies que les autorités constatent que Véolia s’est torché avec les engagements pris. Etaient-elles si aveugles pour ne pas le constater plusieurs années avant lorsque les consommateurs, désabusés par les insuffisances de cette société, ne savaient plus où donner de la tête ? » , s’interroge à son tour le bimensuel La Nouvelle République.
« Cette affaire de cessation de concession sent le souffre, constate le journal. A ce qu’il semble, poursuite La Nouvelle République, des forces obscures veulent mettre le grappin sur tous les maillons forts de l’économie gabonaise. Dans leur viseur, figurent des grosses sociétés ayant pignon sur rue. D’ici là qu’on apprenne que c’est Alain-Bernard, Maixant Accrombessi et tous les membres de la galaxie émergente qui deviennent actionnaires majoritaires de la SEEG, il n’y a que l’épaisseur d’un poil. » Commente le bimensuel La Nouvelle République.


L’Agitateur

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