La presse gabonaise lue par l’Agitateur : Le PDG et le malaise des nominations

vendredi 5 juillet 2019 Speciales


En juin dernier, le Parti démocratique gabonais (PDG), contre toutes attentes a procédé à une série de nominations au sein de ses instances sur le territoire national. Nominations contraires aux choix des militants de base, lors des congrès provinciaux de décembre 2017, après qu’Ali Bongo Ondimba, le président du parti avait lui-même promis que le choix des responsables locaux devait revenir à la base. Il n’aura pas fallu beaucoup de temps pour voir cette promesse s’envoler au grand désarroi des militants. Un sujet faisant d’ailleurs les choux gras de la presse locale.

« Nominations antidémocratiques », « nominations polémiques », etc. Dans la presse locale, tous les commentaires ou presque tirent en quelque sorte, une sonnette d’alarme sur les conséquences encourues par le parti, quant au mécontentement en sourdine de bon nombre des responsables locaux du PDG. Lesquels, pourtant élus « démocratiquement » par leurs bases, se sont vus être débarqués au profit de ceux qu’ils appellent désormais « des arrivistes ». Pour Moutouki et La Loupe, l’épicentre de ce malaise qui menace l’équilibre même du parti pourtant « démocratique gabonais », est sans doute la province du Haut-Ogooué où Bruce Laccruche Alihanga, le directeur de cabinet d’Ali Bongo Ondimba a été nommé responsable du PDG au premier arrondissement de Franceville, la capitale provinciale.

Les deux hebdomadaires rapportent dans leurs colonnes que certains des cadres débarqués comme Ali Akbar Onanga et Jean Pierre Oyiba ont purement et simplement boycotté la réunion convoquée la semaine dernière à Franceville par le Dircab présidentiel, Bruce Laccruche Alihanga. Visiblement, la salve de nominations « antidémocratiques au PDG  » ne dérange pas que dans le Haut-Ogooué. Et c’est certainement pour tenter d’adoucir la colère des militants de base, trahis que le secrétaire général du parti, Eric Dodo Bounguendza a entamé une tournée interprovinciale. Le but est de tenter d’expliquer, au nom d’Ali Bongo Ondimba, le bien fondé de ces nominations unilatérales. Peut-être que la justification du mal ainsi fait par l’évocation du seul nom du distingué-camarade-président, pourrait suffire à calmer une tempête en gestation.

Peine perdue dans la province de la Ngounié où la mobilisation n’aurait pas été au rendez-vous. Surtout après le limogeage de deux des fils de la localité, l’ancien vice président de la république, Pierre-Claver Maganga Moussavou et l’ancien ministre de la Forêt, Guy Bertrand Mapangou, tous deux débarqués en plein scandale fabriqué ou avéré de la disparition au port d’Owendo, de 353 containers du bois précieux du Kevazingo. C’est en tout cas ce que rapporte Le Temps qui affiche en Une : Dodo Bounguendza en pompier de service.

Manifestement, au-delà des sourires forcés en public de certains, avec le mécontentement et la colère étouffés à grands efforts, le parti démocratique gabonais couve désormais un malaise diffus, une crise latente du fait des nominations qui ont déchu les choix de la base au nom d’une discipline ayant pourtant tous les signes de l’absolutisme.


L’Agitateur

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