La presse gabonaise lue par l’Agitateur : Le plan d’austérité et ses vagues

samedi 7 juillet 2018 Speciales


Après les mesures d’austérité adoptées par le gouvernement, mue par la seule obsession de réduire le train de vie de l’Etat jugé trop dispendieux, avec en prime, la réduction des effectifs dans les cabinets ministériels ainsi que la suppression de certains postes dans l’administration publique, la presse locale ne tarit pas d’encre pour faire l’écho de ces décisions trop conflictuelles pour le tissu social.

"BOA et Accrombessi à l’origine de la crise actuelle", affiche sur toute sa largeur, le journal Echos du Nord, qui reprend les récriminations du grand argentier mondial, le Fonds monétaire international, FMI, qui, au terme de sa mission à Libreville au Gabon, juge que «  la mission s’est déclaré préoccupée par la faiblesse des résultats du programme, les dérapages budgétaires substantiels et les progrès décevants des réformes structurelles  ».
Pour l’hebdomadaire proche de l’opposition, les auteurs de cette asphyxie financière du pays sont bel et bien l’actuel président de la république, Ali Bongo Ondimba et son ancien directeur de cabinet, Maixent Accrombessi, qui auraient pillé l’argent de l’Etat par des moyens sophistiqués tels que la création d’agences qui ont supplanté les ministères, agences toutes rattachées à la présidence de la république, ainsi que le recrutement massif des militaires, avec des budgets colossaux destinés à l’équipement de l’armée comme si le pays préparait une guerre.

Une cure d’austérité difficile à vivre pour les fonctionnaires gabonais comme le rapporte en Une, Le Temps avec ce titre : "Juillet 2018 : début de galère pour les fonctionnaires".
« Il va être difficile pour les fonctionnaires et les banques de pouvoir joindre les deux bouts lors de la mise en place effective des mesures d’austérité dès ce mois de juillet 2018 . Les banques et les établissements de micro-finance, dès l’annonce de la mise sur bon de caisse des agents publics, ont de suite informé leur clientèle de nouvelles dispositions qui prennent des allures de menaces, pour rentrer en possession de leur dû, durant la période d’austérité. Une situation difficile pour les banques dont la majorité vit de la stabilité financière du fonctionnaire. Toute chose qui pourrait les pénaliser, elles qui ont dû injecter beaucoup d’argent pour améliorer la qualité de leurs prestations après la décision du gouvernement de bancariser tous les agents publics  ».

Mais les fonctionnaires, décidément ne semblent pas être prêts à se laisser malmenés par les mesures sévères du gouvernement.

C’est du moins le titre à la Une de L’Aube : "La vague des contestataires". « Entre le gouvernement et la confédération syndicale, Dynamique unitaire qui rassemble la majorité des organisations professionnelles du secteur public, le torchon brûle », écrit L’Aube qui s’emporte contre le gouvernement. « Au lieu de l’émergence, le Gabon immerge, victime d’un vandalisme d’Etat, selon Jean François Ntoutoume Emane. De quoi énerver les fonctionnaires qui se retrouvent le 11 juillet 2018 en assemblée générale. Même J.B Assélé et Barro Chambrier ne se sont pas privés de dénoncer l’amateurisme du gouvernement. Vraiment chaud devant  », conclut amèrement l’hebdomadaire.


L’Agitateur

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