La presse gabonaise lue par l’Agitateur : Le résultat de la présidentielle gambienne à la une des manchettes

mardi 6 décembre 2016 Speciales


La presse gabonaise cette semaine s’est penchée sur la présidentielle en Gambie soldée par la victoire de l’opposant Adama Barrow qui a totalisé 45, 5% des suffrages face au président sortant YayhaJammeh (36,6%) qui a reconnu sa défaite.

Le journal La Nouvelle République avec un ton fort sarcastique, plante le décor : « Yayha Jammeh, l’homme fort de Gambie a perdu la présidentielle, alléluia, que Dieu et le diable soient bénis pour ce miracle salutaire ! », ironise le journal. « Après avoir tué, torturé et fait chier les Gambiens plus d’une vingtaine d’années durant, constate le journal, ce mégalomane psychopathe a finalement reconnu sa défaite à la dernière présidentielle. Cet homme qui était la synthèse de deux extrêmes, chef d’Etat et Charlatan, et qui disait être investi de pouvoirs divins, prétendait guérir le sida. Son peuple presque lobotomisé du fait de ses pouvoirs mystiques supposés, supportait tant bien que mal ses excès dirigistes. Armé d’un sabre tel un guerrier des khalifats arabes avec dans ses mains une canne tel un chef de tribu yoruba, Yayha Jammeh nous renvoyait l’image d’un personnage étrange, coupé de son époque. Sanctionné dans les urnes, l’homme dont la capacité de nuisance reste intacte, va sans doute se retrancher dans le maquis casamançais où il continuera de menacer la stabilité de cette région casamançaise dans le sud du Sénégal où son soutien au mouvement rebelle séparatiste MFC n’est pas inconnu », prophétise la Nouvelle République.

« Le président Jammeh reconnait sa défaite après 22 années au pouvoir, le président gambien Yayha Jammeh a été battu par l’opposant Adama Barrow, qui va lui succéder », renchérit le journal Coopération internationale.

« S’il veut travailler avec nous, cela ne me pose aucun problème. Je l’aiderai à travailler sur la voie de la transition », rapporte le journal L’Aube pour qui « cette affirmation a suffi à donner à Yahya Jammeh une sorte de virginité politique. Du dictateur effronté, il est devenu démocrate naissant. Un bel exemple de changement de posture qui devait inspirer plus d’un. Le tyran Yahya Jammeh rentre dans l’histoire, au contraire des chefs de junte comme Ali Bongo qui, après sa cuisante défaite face à Jean Ping, a fait usage de la force pour demeurer au pouvoir », commente le journal L’Aube.

« Quelle élégance ! », s’exclame le journal Echos du Nord qui estime que « ce cas de figure est plus qu’une belle leçon administrée à un certain BOA. Qu’on le veuille ou pas Yayha Jammeh est définitivement entré dans la cour des grands de ce monde. Une chose est certaine, et qu’on ne s’en étonne pas, il est appelé à jouer un grand rôle dans la construction de l’Afrique. En janvier prochain, si les Etats d’Afrique ne jettent pas leur dévolu sur le candidat Equato-guinéen, Yayha Jammeh sera un président idéal pour la Commission de l’Union africaine. Au moins c’est une figure qui donnerait un souffle nouveau à cette organisation », conclut le journal.

« Selon des analystes et l’opposition, écrit l’Agence France Presse relayée par le quotidien L’Union, c’était la première fois que le régime, qui a survécu à de nombreuses tentatives de coup d’Etat, était sérieusement menacé par un scrutin, au terme d’une campagne marquée par l’expression d’un pluralisme inhabituel », fait remarquer l’AFP.


L’Agitateur

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