La presse gabonaise lue par l’Agitateur : Les Magistrats en guerre contre le Ministre de la Justice

samedi 23 décembre 2017 Speciales


La tension qui oppose le Garde des Sceaux aux magistrats qu’il a traités de ‘’corrompus’’, alimente les colonnes des journaux gabonais.

’Pour avoir été traités de ’’corrompus’’ par le Garde des Sceaux, les magistrats sont en colère et exigent sa démission. ‘’ Les magistrats exigent la tête de Francis Nkea’’, titre le journal Moutouki.’’ C’est la guerre des articles, des procédures et des compétences…les magistrats réunis en assemblée générale, sont rentrés en grève général illimitée jusqu’à ce qu’ils aient la tête de l’impétueux ministre de la Justice, Francis Nkéa Ndzigue, dont ils exigent la démission. Le SYNAMAG a rejeté en bloc les allégations de l’ancien avocat d’Ali Bongo et défend la séparation des pouvoirs contre l’abus d’autorité d’un homme qui ne semble pas à la mesure de la tâche.’’ Souligne le journal.

‘’Secoué ces derniers temps par le syndicat national des magistrats du Gabon (Synamag), le Garde des Sceaux a franchi un rubicon qu’’aucun autre de ses prédécesseurs n’a su franchir. Le ministre d’Ali Bongo a ouvert la porte de pandore. ‘’ Constate l’hebdomadaire Le Temps. ‘’ On peut donc se demander à quel moment la corruption des magistrats est devenue un fléau auquel sont quotidiennement confrontés les Gabonais ?’’ S’interroge le journal.

‘’Cette fois les magistrats du Synamag n’ont pas affaire à un simple justiciable qu’ils prendraient facilement pour l’accabler d’outrage à magistrats. Celui qui les accuse est bel et bien le Garde des Sceaux, homme de loi et avocat, et qui, dans ce dossier, bénéficie du soutien massif du plus grand nombre… Et maintenant que l’affaire est sur la place publique, que le procès s’ouvre.’’ Commente le journal Misamu

‘’Du côté du barreau, constate pour sa part le bimensuel La Nouvelle République, au nom de l’esprit de corps, on s’attendait à un petit coup de main afin de sauver le soldat Nkéa Nzigue. Mais l’esprit de corps n’a pas prévalu. Selon des indiscrétions, le barreau aurait préféré le laisser seul gérer sa merde. Car, il aurait agi non pas en tant qu’Avocat, mais en tant que membre de l’exécutif. Donc au nom de la séparation des pouvoirs telle que théorisée par Montesquieu, il serait maladroit de leur part d’interférer dans les affaires de l’exécutif. Mais, au delà de tout, la crise qui oppose l’Avocat aux magistrats relance un rapport de force larvé opposant les deux corps de métier condamnés à collaborer. Lors de la sortie médiatique du SYNAMAG, en guise de riposte, l’utilisation de l’adjectif « auxiliaires » de justice pour désigner les avocats, traduit clairement la condescendance et le mépris affichés par les magistrats vis-à-vis des avocats réduits au rang d’accessoires dont ils peuvent donc se passer. Dans le milieu judiciaire, en effet, couvent frustrations, rivalités et complexes en tout genre qui impacteraient même sur l’issue des jugements. Apprend-t-on. La bourde de maître Nkéa n’a fait que raviver les vielles querelles de corps rythmées par une collaboration sur fond d’hypocrisie.’’ Fait remarquer le journal.


L’Agitateur

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