La presse gabonaise lue par l’Agitateur : Ndjoubi Ossamy en prison et le dialogue politique en vue

lundi 13 mars 2017 Speciales


L’arrestation du DG de la douane gabonaise Alain-Paul Ndjoubi Ossamy soupçonné de corruption passive et de faux en écriture et le dialogue politique en gestation ont été largement commentés dans les colonnes des journaux parus la semaine écoulée.

‘’Epuration ethnique dans le Haut-Ogooué !’’ Clame le journal Le Mbandja. ‘’La garde à vue, puis l’emprisonnement de l’ancien DG des douanes, Alain Ndjoubi Ossamy, semble-t-il, sur ordre de l’actuel directeur de cabinet du chef de l’Etat, sont venus remettre au goût du jour la guéguerre interne qui a lieu dans le plus grand silence dans le Haut-Ogooué entre téké, nantis de la toute puissance qu’ils ont autour d’Ali Bongo, et les autres communautés désormais dans le maquis, en attendant leur heure.’’ Il semble même que, poursuit le journal, le DC Martin Boguikouma soit lui-même au cœur de cette affaire. L’homme, racontent de nombreux douaniers, voudrait faire de la douane la chasse gardée des téké. Quoi qu’on en dise, c’est désormais la veillée d’armes dans le Haut-Ogooué. A côté de la fronde obamba, les téké cherchent les voies et moyens de sacrifier Ali tout en gardant le pouvoir.’’, conclut le journal.

‘’ Tout porte à croire que le sort de Ndjoubi Ossamy était scellé d’avance, même si l’on a voulu faire du dilatoire en impliquant Emerikal dit Jean-Bernard Ngalebika qui, du reste, bénéficie de la liberté provisoire depuis le 1er mars de la part de madame le doyen des juges d’instruction, laquelle a fait preuve de mansuétude à son endroit, plutôt qu’à celui du damné DG qu’il fallait absolument humilier. Commente le journal La Une. ‘’D’où vient donc qu’on ait accusé Ndjoubi Ossamy de détournement des deniers publics, de corruption passive et de faux en écriture ? Et qui a initié la plainte ayant conduit à son placement sous mandat de dépôt le 1er mars par madame le doyen des juges d’instruction ? Qui l’a finalement envoyé au Ngata et laissé Ngalebika Emerikal en liberté provisoire ?’’, s’interroge le journal La Une.

‘’Opération mamba, arrestation du DG de la douane, Alain-Paul Ndjoubi Ossamy victime de la mafia ? S’interroge le journal L’Aube. ‘’Les faits tels que montés par les lobbies au pouvoir qui, depuis quelques mois, veulent coûte que coûte dégager Alain-Paul Ndjoubi Ossamy de la tête de la douane. Les malheurs de l’ancien directeur de la Sogatra auraient donc débuté lorsqu’il a décidé de faire le ménage dans la maison Douane… Dans le nettoyage au karcher, le bureau central d’Owendo qui, depuis des années, est la propriété exclusive des ressortissants du Haut-Ogooué(plus précisément des téké), est aussi touché, suscitant l’ire des privilégiés de la République qui comptent sur cette mine d’or pour bâtir château et rouler carrosse.’’ Fait remarquer le journal L’Aube.

‘’Avant l’arrivée d’Alain Ndjoubi Ossamy à la tête de la Douane, renchérit le bimensuel La Nouvelle République, régnait un bordel ambiant sur fond de corruption massive. Il a fallu que l’homme lance des réformes courageuses pour que la température des magouilles chute considérablement. Pour arriver à réaliser un tel exploit, l’homme avait multiplié les niveaux des contrôles d’entrée et sortie des marchandises au port. Une mesure assortie de la mutation de quatre indélicats, cerveaux des malversions douanières au port d’Owendo. Par ces mutations, M. Ossamy a signé sa mise à mort. Les quatre crapules avaient juré d’avoir sa tête. Les quatre salopards, dans leur plan, iront raconter des bobards à leur parent téké, dircab d’Alain-Bernard, comme quoi le DG de la Douane en voulait aux téké. Le Dircab, Martin Boguikouma qui rêve de caser son grand frère Apoula affectueusement appelé Lep (actuel Directeur de la comptabilité publique), à ce poste, saisit la balle au bon et met à contribution de gros moyens pour y arriver. La suite on la connait’’, rapporte La Nouvelle République.

Le dialogue politique pour sortir le Gabon de la crise qui s’enlise, autre centre d’intérêt de la presse parut la semaine écoulée.

Pour le journal Echos du Nord, ‘’Le dialogue organisé par BOA ne peut plus rien donner de bon. Il est trop tard. Il est devenu anachronique…, En matière de concertation avec les Bongo, les Gabonais ont largement dépassé les dates de péremption et les doses prescrites pour la consommation de ces sempiternelles jeux d’ombres et de lumières. Un coup, ils disent s’engager à faire ce qu’ils promettent de faire. Et puis, finalement, ils reviennent sur les promesses qui n’engagent finalement que ceux qui y avaient cru, et il y en a, à chaque fois, pour participer et donner foi aux mascarades politiques des Bongo.‘’ Tempête Echos du Nord

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‘’Le dialogue national : nouvelle trouvaille des dictateurs pour se maintenir au pouvoir.’’, soupire le journal Le Nganga. ‘’Les assoiffés du pouvoir ont ceci de déroutant qu’ils sont pathologiquement incapables de sublimer pour épargner à leur peuple les gémissements et autres soupirs…Et tous ceux qui ont la faiblesse de croire aujourd’hui que des entrailles du dialogue initié par Ali Bongo sortiront un Gabon véritablement démocratique, ne tarderont pas à déchanter. Les exemples sont légion, en effet, dans l’histoire , qui illustrent le fait que quand un prédateur de la démocratie convoque une rencontre pour soigner la démocratie, l’objectif inavoué est de gagner du temps pour mieux conforter son trône..’’, commente Le Nganga.

‘’La commission ad-hoc paritaire en charge des préparatifs a été mise en place le 15 février dernier par le Premier ministre Franck-Emmanuel Issoze Ngondet et en présence d’acteurs politiques issus d’une opposition hybride qui ne pèse pas grand chose et ne peut donc faire le contrepoids face à un PDG entrainé à l’art de la roublardise.’’ Rapporte La Nouvelle République. ‘’Il est fort à redouter que cette concertation ne soit inclusive que de nom. Renchérit le journal, La participation de toutes les forces vives du pays ne semble pas se confirmer. L’absence de poids lourds de l’opposition et de la société civile lors de la misse en place de cette commission ad-hoc paritaire (majorité-opposition), annonce la couleur de ce que sera ce dialogue politique. Il ne se fait aucun doute que la majorité PDG sera face à quelques guignols appâtés par des promesses d’un retour d’ascenseur. Après tout, le pouvoir est peu regardant sur la qualité des participants, l’essentiel étant que cette rencontre compte d’individus ayant la casquette d’opposant et qui serviront de faire-valoir à une concertation qui n’aura pas fédéré toutes les forces vives du pays. Les opposants cooptés crédibiliseront cette farce aux yeux de la communauté internationale qui souhaite un dialogue inclusif. Le PDG qui est un habile manipulateur du consensus à coups de mallettes d’argent, est capable de faire changer la donne’’, analyse La Nouvelle République.


L’Agitateur

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