La presse gabonaise lue par l’Agitateur : Jean Rémy Yama face à la bravade de l’interdit

vendredi 12 juillet 2019 Speciales


Pour avoir affirmé « sans fondement », selon les propos du ministre de la Justice et de l’Intérieur, Anicet Mboumbou Miyakou, qui a promis des poursuites judiciaires contre lui, que le président Ali Bongo Ondimba était mort, le président de la centrale syndicale, Dynamique unitaire, Jean Rémy Yama est désormais recherché pour répondre de ses propos « mensongers ». Entre voyoutisme et terrorisme d’Etat, la presse locale s’enflamme.

«  Chasse à l’homme  ». C’est le titre à la Une du journal Le Mbandja, qui rapporte que Jean Rémy Yama a été victime d’une tentative d’enlèvement dès 5 heures du matin à son domicile de Libreville, par des éléments disant appartenir à la DGR. Yama est alors absent des lieux. « Pire, ces mercenaires n’avaient aucun mandat de perquisition. L’on comprend que l’opération visait à le cueillir comme on dit dans le milieu, à l’aube pour l’emmener dans les sinistres coins de torture du régime bien connus  », pointe l’hebdomadaire qui conclut au « terrorisme d’Etat ».

« Jean Rémy Yama en danger de mort ?  » S’interroge Moutouki, reprenant la déclaration faite par les membres de Dynamique unitaire, qui, à la suite du communiqué gouvernemental promettant des poursuites judiciaires contre le président de leur organisation, tiraient déjà la sonnette d’alarme sur les risques encourus par leur camarade. Risques encourus en l’absence de toute procédure judiciaire ordinaire, notamment en dénonçant la tentative d’enlèvement de leur camarade par des éléments sans mandat de perquisition.

Pour Moutouki, il ne s’agit là rien d’autre que d’un « voyoutisme d’Etat », décidé à piétiner toute règle de droit, avec le seul objectif de punir Yama pour son crime qui, en réalité n’en est pas un.
Suite à ce « harcèlement de la part du pouvoir en place », renchérit La Loupe qui affiche en Une, «  Jean Rémy Yama soutenu par les Gabonais  », les partis politiques de l’opposition, la société civile ainsi que les intellectuels ont décidé d’apporter leur soutien au leader de Dynamique unitaire. Mais le soutien le plus significatif, rapporte l’hebdomadaire, est sans doute celui de ses frères enseignants du SNEC dont il est aussi le président, et qui observent un mouvement de grève depuis plusieurs semaines, paralysant ainsi le déroulement des cours dans les universités et grandes écoles du pays. Et ils l’ont fait savoir dernièrement lors d’une rencontre qui a voté à l’unanimité la poursuite de la grève, après avoir constaté que toutes leurs revendications jusqu’ici n’ont trouvé aucun écho favorable auprès du gouvernement.

Au regard donc de cet acharnement sur Jean Rémy Yama, Mboumbou Miyakou n’est-il pas allé vite en besogne ? C’est en tout cas ce que se demande, en signe de conclusion, journal satirique.


L’Agitateur

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