La presse gabonaise lue par l’Agitateur : Le Kevazingogate et la chute des faucons de la Ngounié

samedi 25 mai 2019 Speciales


Soupçonnés d’être impliqués directement ou indirectement dans le détournement des 353 containers remplis du bois précieux de Kevazingo, l’ancien vice-président, Pierre Claver Maganga Moussavou et l’ancien ministre des Eaux et Forêts, Guy Bertrand Mapangou ont été démis de leurs fonctions mardi dernier. Dans la presse locale, les commentaires restent essentiellement focalisés sur la machination politique du palais du bord de mer.

« L’assassin est encore dans la maison », estime L’information du mois pour qui, « le couperet du mardi 21 dernier semble avoir orienté le public sur l’identité des coupables en attendant le résultat des enquêtes du parquet ». Selon le mensuel, le premier ministre, « Julien Nkoghe Bekalé doit faire mieux, sinon plus en faisant tomber toute la filière à partir de la délivrance du permis de coupes jusqu’à l’exportation ». Sinon « en limogeant deux dignitaires, s’achemine-t-on vers une possible mise en examen des responsables de ses administrations dont les noms sont abondamment dans la presse et dans le rendu des enquêtes ? Ne pas le faire. Ne pas le faire serait tomber dans la forclusion après avoir donné à l’Assemblée nationale (…) de gages de bonne gouvernance », écrit le mensuel qui affiche en Une, LA CHUTE.

« La chute de deux Kevazingo de la Ngounié ». C’est aussi ce qui fait la Une du journal Le Bandja, qui rapporte, « alors que ces deux hauts dignitaires du régime de Boa (vice-président de la République et ministre d’Etat), tous originaires de la Ngounié, ont tenté maladroitement la semaine dernière de se disculper eux-mêmes via des communiqués de presse, le couperet est tombé sur leurs têtes dans la soirée du mardi 21 mai 2019. Ils ont été virés comme des malpropres. Sans pitié et sans ménagement pour les bons et loyaux services du passé, particulièrement pour leur fidèle, Guy Bé. Un scénario d’humiliation qui était inimaginable en quelques jours seulement du grand déballage », assène L’hebdomadaire qui se demandent si les deux personnalités ne paient pas là, le prix de la suspicion et de l’humiliation.

« L’arbre qui cache la forêt ». Le titre barre la Une du journal Le Temps. « Dans un pays où l’Etat-Bongo nous a habitué aux scandales financiers », enfonce Le Temps, « on peut se demander ce que cache l’éviction de ces deux personnalités politiques de la Ngounié ». Sinon « qu’est-il exactement reproché à Guy Bertrand Mapangou et à Pierre Claver Maganga Moussavou, à propos de ce qui est déjà qualifié de « Kevazingogate ? », s’interroge Le Temps. A en croire l’hebdomadaire proche de l’opposition, « le limogeage, par décret présidentiel du désormais ancien vice-président de la république et du ministre d’Etat en charge des Eaux et Forêts, de l’Environnement, chargé du Plan climat, tous deux ressortissants de la province de la Ngounié, est un véritable coup de poignard pour cette province du sud du Gabon, dont les cadres sont sortis du pouvoir exécutif, les uns après les autres, sous Ali Bongo », conclut Le Temps.

Pour la presse locale, le réel mobile de ce limogeage est en réalité politique. Et les vrais commanditaires de cette machination politique sont certainement logés au palais du bord de mer qui désigne la présidence de la république.


L’Agitateur

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