La presse lue par l’Agitateur : Le retour manqué d’Ali Bongo Ondimba !

samedi 30 mars 2019 Speciales


Déroulé en grande pompe le samedi 23 mars dernier, le retour officiel du chef de l’Etat gabonais qui a regagné définitivement le pays, après cinq mois de convalescence à l’étranger, depuis son accident vasculaire cérébral le 24 octobre n’a visiblement pas convaincu ses adversaires sur ses facultés à continuer à assumer les charges de sa fonction présidentielle. Des doutes également partagés par la presse locale dans son ensemble.

« Ceux qui ont pris sur eux la responsabilité de faire revenir officiellement Ali Bongo au Gabon après plusieurs visites privées, visent deux objectifs qui ont tous échoué. Le premier était de dire au peuple gabonais qu’Ali Bongo Ondimba n’est pas mort, et qu’il va bien. Le deuxième était de fermer », explique Le Mbandja, « le clapet à tous ceux qui avaient fait une fixation sur la déclaration de la vacance suite à l’état de santé d’Ali Bongo ». Pour Le Mbandja, « de tous ceux qui ont fait le déplacement de l’aéroport, nombreux, au-delà des 5 mille FCfa reçus, y sont allés par curiosité afin de faire le saint Thomas, voir à quoi ressemble cet Ali Bongo dont l’arrivée était annoncée avec tambours et trompettes. Visiblement », enfonce le journal proche de l’opposition, « ils sont rentrés déçus (Car) au-delà de la pitié, mieux, de la compassion passagère suscitée par la réalité qu’ils ont vue, ils ont vite compris que ce roi ne pourra plus jamais, au grand jamais assumer physiquement les lourdes charges liées à sa très haute fonction ».

« Encore des doutes ». Le titre est à lire à la Une de La Loupe, qui martèle que « le but du retour précipité d’Ali Bongo à Libreville était de fournir aux Gabonais une preuve de vie, et clore l’incandescente requête sur la vacance du pouvoir. Pari perdu par les scénaristes de ce navet morbide », poursuit l’hebdomadaire très critique du pouvoir. « Censé clore définitivement le débat sur la vacance du pouvoir, le retour précipité d’Ali Bongo a eu un effet contre-productif. Au lieu du rétablissement annoncé par les thuriféraires du régime, les spectateurs et téléspectateurs se sont rendu compte que l’enfant-roi avait visiblement perdu une bonne partie de ses facultés physiques et cognitives. A moins d’une énième entourloupe sur le dos de la Constitution, l’application de l’article 13 est inéluctable », enfonce La Loupe.

Commentaire soutenu par Moutouki qui affiche sur toute la largeur de sa Une, la revendication de la principale centrale syndicale, Dynamique unitaire, qui réclame, elle aussi, « la constatation de la vacance du pouvoir ». « Pour Jean-Rémy et ses pairs, réunis à la Chambre de commerce », rapporte l’hebdomadaire proche de l’opposition, « toutes les apparitions publiques, vidéos et documents visuels médiatisés concernant Ali Bongo Ondimba ne sont que du vent ».

A en croire Le Temps, qui rapporte que même les ministres ont été tenus à l’écart de leur patron à l’aéroport de Libreville, il y a après tout, des manœuvres destinées à se disputer le pouvoir, une fois Ali Bongo déclaré inapte à poursuivre son mandat. C’est donc « l’heure des grands complots », conclut Le Temps. Mais pour la plupart des journaux, il s’agit d’un retour manqué qui, loin de clore le débat sur la vacance du pouvoir, le relance de plus bel.


L’Agitateur

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