La presse lue par l’Agitateur : Les grandes vagues du Kevazingo

vendredi 17 mai 2019 Speciales


Après la disparition mystérieuse de 353 containers sous scellés judiciaires du bois de Kevazingo au Port d’Owendo, l’enquête ouverte par le Procureur du Tribunal de Libreville, Olivier Nzaou a conduit à l’interpellation d’exploitants chinois. De leur côté, soupçonnés d’être liés directement ou indirectement à cette disparition, une douzaine de cadres des ministères de l’Economie et des Eaux et Forêts ont été suspendus de leurs fonctions jeudi dernier par un communiqué du gouvernement. Un scandale qui n’est pas passé inaperçu dans la presse locale.

« L’enquête diligentée à la suite de l’affaire de la disparition de 353 conteneurs de Kevazingo au port d’Owendo semble faire ses premières victimes », écrit L’Union. « Et pour cause », poursuit le quotidien gouvernemental « dans un communiqué rendu public (Ndlr : jeudi dernier) par sa porte-parole, Nanette Longa Makinda, le gouvernement a annoncé « la suspension à titre conservatoire de leurs fonctions et responsabilités » de 12 fonctionnaires de l’administration des Eaux et Forêts et des douanes « dont la responsabilité serait avérée ».

Toujours selon L’Union, « certains d’entre eux sont des hauts fonctionnaires. A l’image du directeur de cabinet du ministre d’Etat, ministre des Eaux et Forets, Lin Mandjoupa, du secrétaire général de ce département ministériel, Serge Rufin Okana. Du directeur de cabinet du ministre de l’Economie, Pierre Claver Mfouba, du secrétaire général de ce ministère, Jeannot Kalima, du directeur général des Douanes et des droits indirects, Dieudonné Lawamousso Obissa, et du directeur régional des Douanes de l’Estuaire, Jean Chrislain Ndong Bibang ».

A l’évidence, commente le quotidien, « dans ce scandale, le gouvernement entend faire montre d’une fermeté et d’une sévérité sans pareille à l’encontre de tout agent public impliqué dans cette affaire. Pour faire comprendre, une fois pour toutes, aux uns et aux autres, que l’ère de l’impunité est définitivement révolue ».

« Le Gabon dans la mafia du Kevazingo ». C’est le tire à lire à la Une du journal Le Temps pour qui, « à première vue, et l’on ne peut s’empêcher de le dire, il se dégage une forte odeur de corruption autour de cette affaire qui est loin de connaître son épilogue. Puisqu’on est, selon certaines sources, au énième cas d’exportation de ce bois dans les mêmes conditions ». L’hebdomadaire proche de l’opposition insiste sur la reddition des comptes qui devrait être une exigence obligatoire pour condamner tous les coupables.

« Autrement dit, si les pouvoirs publics se voulaient un peu sérieux, le ministre des Eaux et Forets et son directeur provincial pour l’Estuaire, le directeur général des Douanes, et plusieurs de ses collaborateurs devraient être demis de leurs fonctions pour manquement aggravé à leurs charges. Ne pas le faire pour laisser le chien aboyer », martèle Le Temps, « serait encourager des agents des mêmes administrations qui observent et n’entendent certainement pas manquer l’occasion de frapper à leur tour, une fois l’opportunité s’offrira de nouveau ».

« Mapangou va-t-il tomber comme un Kevazingo ? ». Le titre ironique fait la Une du journal Le Mbandja, qui enfonce le clou sur l’impunité notoire ayant court au Gabon qu’il qualifie d’ailleurs de « pays voyou ». Car écrit-il, « les Libanais, Chinois, Marocains, Sénégalais, Maliens et autres achètent ce qu’ils veulent dans ce pays, de la Présidence de la République au cabinets ministériels en passant par les administrations telles que la pêche, les eaux et forêts, le pétrole, les mines, le budget, et le contrôleur financier, les douanes, les impôts, le trésor pour obtenir des marchés publics, un paiement, un titre foncier ou pour entrer illégalement des marchandises au port d’Owendo ou pour en faire sortir. C’est le cas avec cette affaire du Kevazingo », pointe l’hebdomadaire proche de l’opposition.


L’Agitateur

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