La presse lue par l’Agitateur : Les vœux tant attendus d’Ali Bongo

vendredi 28 décembre 2018 Speciales


S’il pouvait, en d’autres circonstances, passé inaperçu, le Discours à la Nation du Chef de l’Etat gabonais, le 31 décembre prochain suscite désormais les fantasmes les plus fous. Ali Bongo Ondimba, absent du pays depuis deux mois pour cause de maladie, va-t-il apparaître sur la télévision publique lundi prochain pour y prononcer la traditionnelle allocution des vœux à ses compatriotes, et calmer ainsi les ardeurs contestataires de l’opposition qui réclame le pouvoir ? Voilà la question qui agite tout un pays à quelques jours de l’événement, alors que la presse locale, elle s’emballe.

Pour le journal Le Temps, il s’agit d’un « fait inédit ». Car écrit-il, « depuis 51 ans de pouvoir des Bongo, le pays n’a jamais connu une absence aussi prolongée du Chef de l’Etat. Pas plus que les Gabonais n’ont jamais passé la Saint Sylvestre sans le discours à la Nation du Président de la République. Aux assurances données par certains quant au rétablissement du président, se heurtent les intrigues entre collaborateurs d’Ali Bongo (…) Pourtant, lundi prochain, il faudra bien, même si ce n’est pas constitutionnel, qu’on nous explique pourquoi le Chef de l’Etat ne s’adresse pas aux Gabonais comme cela est devenu au fil du temps une tradition présidentielle ».

« Et du coup, le doute s’épaissit encore un peu plus », renchérit Le Moustique en colère : « si Ali Bongo peut parler à ses compatriotes à la télévision, pourquoi ne viendrait-il pas le faire dans son propre pays ? Histoire de couper l’herbe sous les pieds de ses détracteurs pour qui, ce ne serait qu’une ruse de guerre, une de plus pour éluder le vrai débat : celui de la vacance du pouvoir ». Pour Le Moustique en colère, « si en effet leur président est déjà en pleine possession de ses moyens, il ne resterait plus qu’à descendre au pays et faire taire les sceptiques qui ne sont pas seulement dans l’opposition ».

"Il y aura vacance du pouvoir". Le titre en guise d’affirmation est affiché sur toute la largeur de la première page du journal Le Mbandja qui s’emporte contre ce qu’il qualifie de comédie du pouvoir. Comme bien d’autres journaux proches de l’opposition, Le Mbandja appelle la Cour constitutionnelle à constater rapidement la vacance du pouvoir, afin d’installer la présidente du Sénat, Lucie Milebou comme présidente intérimaire du Gabon en attendant l’organisation d’une élection anticipée. « 24 octobre-24 décembre 2018. Voilà en réalité un peu plus de deux mois que le Gabon, qui ne fonctionnait presque pas déjà quand Boa était là, est sans un Chef de l’Etat. L’application de l’article 13 de la Constitution qui s’impose est pourtant toujours repoussée par Mborantsuo et consorts au nom de la sauvegarde du pouvoir », conclut Le Mbandja.


L’Agitateur

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