Le CLR comme le PSD et le PDS !

jeudi 19 septembre 2019 Politique


Cela ne saurait surprendre ceux qui comme nous ont l’habitude du fait politique gabonais, car même au sein du plus grand parti, le parti démocratique gabonais (PDG), les affaires de succession sont boutiquées de façon à faire respecter la tradition et la coutume. N’est donc pas placé à un poste de responsabilité qui veut ou qui le mérite, mais plutôt celui qui fait allégeance ou est soutenu par un baron bénéficiant encore de la totale confiance de la hiérarchie. Ce que nous venons de vivre à l’occasion de la célébration du 25ème anniversaire du Cercle des Libéraux Réformateurs (CLR), parti du général Jean-Boniface Assélé, démontre à suffisance qu’il n’est d’idéologie dans les formations politiques gabonaises qu’aux yeux de ceux qui ont accepté de garder un voile ou un bandeau sur leur visage et de ne point entendre tout ce qui se dit autour d’eux au sujet des activités et pratiques des responsables, fussent-ils les présidents fondateurs des partis.

L’on retiendra en effet que la plus importante des décisions sorties de l’anniversaire du CLR est bien les nominations intervenues au sommet du parti des Assélé et affidés avec surtout la propulsion controversée au sommet de l’appareil de Nicole Assélé, l’homonymie en dit long, Nicole Assélé qui s’est vu confié la lourde responsabilité de désormais conduire sur l’ensemble du territoire national la formation politique « familiale » que l’on présente pompeusement comme celle où tous les Gabonais peuvent trouver une place de choix.

A y regarder de très près, il était question pour son général de père à la retraite qui sent ses jours comptés peut-être pas physiquement, mais politiquement s’entend, d’assurer avant qu’il ne soit trop tard ses arrières et si cela ne vous en disait pas, remettre en scelle sa fille fraichement débarquée de la direction générale de la Société gabonaise d’entreposage des produits pétroliers (SGEPP) après qu’elle eut été évincée de la luxuriante Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS).
Sûr que cette dégringolade intervenant après que le Docteur ait été débarqué du gouvernement sonnait comme un mauvais sort, surtout lorsque l’on s’imagine que les lignes bougent, compromettant même les privilégiés du fait des liens familiaux qu’ils ont avec la plus grande autorité de l’État.

Etait-ce la personne la mieux indiquée pour succéder à son père ?

Il est de nombreuses choses que l’on reprocherait à Docteur Nicole Assélé. N’en déplaise, cela ne saurait affecter les liens qui l’unissent à son père qui ne voit en elle que des qualités, sinon il n’aurait jamais pris devant Dieu et devant les Hommes la responsabilité historique de confier la gestion du Cercle des Libéraux Réformateurs à sa fille quand on sait que ce ne sont ni les compétences, ni les grandes âmes, ni encore les volontés ou l’abnégation qui manquent à la formation politique surtout lorsqu’on se rend compte que celle-ci fait aujourd’hui partie des plus expérimentées et des plus stables sur l’échiquier, bénéficiant en cela de ses accointances avec le pouvoir avec lequel les deals sont fréquents en dépit des multiples saute-d ’humeur de son leader habitué pourtant à finir par mettre de l’eau dans son vin.

Que doivent penser de nombreux militants et cadres de la formation politique s’ils se sentent abusés, eux, qui s’attendaient peut-être à voir d’autres personnalités ayant fait leurs preuves sur le terrain par exemple bénéficier de la confiance du président fondateur qui se proclame urbi et orbi honnête avec lui-même et tous ceux qui le côtoient quotidiennement au point de donner l’impression qu’il partagent les mêmes vues et se battent pour l’instauration de plus de justice au sein du CLR ?

A-t-on un instant réfléchi aux conséquences ?

Il est logiquement à craindre une désagrégation de ce parti et un manque de considération à l’instar de celui connu par des partis tels le Parti social démocrate (PSD) de Pierre-Claver Maganga Moussavou et le Parti démocrate social (PDS) de Maître Séraphin Ndaot Rembogo qui passent le plus clair de leur temps à assurer la promotion des éléments de la famille en tête desquels les enfants. Dire qu’ils sont nombreux les citoyens qui s’investissent concrètement pour la visibilité et la vitalité de ces formations. Non pas seulement par le travail qu’ils abattent de l’intérieur, mais aussi par leur conduite. Docteur Nicole Assélé a-t-elle associé ces deux qualités dans le CLR pour mériter d’être portée à des fonctions aussi prestigieuses que celle de Délégué général ?

Quand on sait que cette décision doit faire sourire en coin certains responsables du Parti démocratique gabonais (PDG) contre qui elle s’est élevée ces temps derniers, les accusant d’avoir contribué à sa chute et d’avoir participé à asseoir la discrédit qui la frappe et dont elle ne supporte que très mal d’être la victime.

Et si l’on parlait de changement de mentalité !

Il en faut après tout pour que vive la démocratie et cesse les compromissions et compromis, c’est selon, que l’on assimilerait parfois à un mariage de la carpe et du lapin. Devrait-on toujours assister à des confrontations entre opposition et pouvoir, alors qu’il est connu qu’au sein de ce que l’on dénomme pompeusement parfois la « majorité présidentielle », les vues semblent être divergentes, sauf que les contradictions sont souvent étouffées à coup de billets de banque, de nominations à des postes de responsabilité, par pure et simple hypocrisie ou par lâcheté ?

A quand véritablement le moment où nos Hommes politiques comprendront que ce qu’attendent les populations d’eux pour que celles-ci leur accordent un blanc-seing, c’est surtout et d’abord une conduite exemplaire et franche qui laisse entrevoir leur volonté de travailler au bonheur de la communauté plutôt que la satisfaction de leurs intérêts personnels et familiaux ? Pour que cela soit effectif, il faut que toutes les formations politiques et ceux qui les animent commencent par réfléchir à les doter d’une idéologie, car c’est peut- être aussi ce qui manque pour qu’une clarification des activités et de la conduite des affaires en leur sein soient frappées du sceau de la crédibilité, de la constance et de l’émergence.


Dounguenzolou

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