Législatives 2018 : L’opposition face aux querelles de chapelles

lundi 9 avril 2018 Politique


Alors que les élections législatives, théoriquement sont prévues pour fin avril courant, la mise sur pied du Centre Gabonais des Elections (CGE), pose déjà problème pour les commissaires de l’opposition. Deux tendances se disputent la légitimité de siéger à la nouvelle institution.

Cette situation désordonnée est favorisée par le groupe des dialogueurs d’Angondjé. Une tendance constituée du Parti Social Démocrate (PSD) de Pierre Claver Maganga Moussavou, Démocratie Nouvelle (DN) de René Ndemezo’O Obiang et du Parti pour le Développement et la Solidarité Sociale (PDS) de Séraphin Ndaot. Pour ce trio d’opposants, aujourd’hui assis à la droite d’Ali Bongo Ondimba, après s’être adjugé des postes au nom de l’accord politique, il est hors de question que l’opposition n’ayant pas pris part au dialogue politique d’Angondjé, soit représentée au Centre Gabonais des Elections. Dans leur viseur, les partis de l’opposition radicale comme Les Démocrates de Guy Nzouba Ndama, l’ancien Vice-président de l’Assemblée nationale, le Rassemblement Héritage et Modernité de (RHM) d’Alexandre Barro Chambrier.

Tous des anciens membres du parti démocratique gabonais (PDG) au pouvoir, mais qui avaient pris fait et cause pour Jean Ping à la dernière élection présidentielle. Ils avaient boycotté le dialogue proposé par Ali Bongo au nom d’une radicalisation jusqu’au-boutiste parce que illusionnés par Jean Ping qui leur a toujours promis, qu’il arracherait le pouvoir entre les mains de Bongo. En vain.

Au nom de l’évidence…

S’étant résolu à la réalité, conscients que toute prise de pouvoir par la force est désormais impossible pour l’ancien patron de la commission de l’Union africaine, le radicalisme a, peu à peu laisser place à la raison. La plupart des soutiens de Jean Ping ont finalement accepté de prendre part aux législatives au risque de laisser un boulevard parlementaire à Ali Bongo qui voit déjà ses pouvoir renforcés par la nouvelle constitution aux allures présidentialistes. Après la rencontre en mars dernier, avec le ministre de l’Intérieur, Lambert Noël Matha, qui a demandé à toute la classe politique, majorité/opposition de constituer les listes des délégations pouvant les représenter au CEGE, ils ont pu finalement déposer la liste des commissaires de l’opposition.

Les querelles…

Pas question pour le Vice-président de la République, Pierre Claver Maganga Moussavou, le Président du Conseil économique et social, René Ndemezo’O Obiang et celui du Conseil national de la Démocratie, Séraphin Ndaot Rembongo, qui mettent en avant leur participation aux négociations politiques d’Angondjé. Pour eux, il ne saurait y avoir d’autres représentants de l’opposition au CGE que ceux de leurs partis. Il faut dire que ces trois opposants modérés, considérés comme des parvenus sans morale politique fixe, se sont attribué trop d’importance et de légitimité du fait de leur participation au dialogue politique.

Après avoir fait nommer leurs proches parents au gouvernement d’ouverture, ils dénient aujourd’hui la légitimité à l’autre tendance de l’opposition, (la mieux représentative) de siéger au sein du nouvel organe électoral. Un peu comme si leur participation au dialogue était pour eux, une carte blanche pour agir au nom de toute l’opposition, y compris celle radicale. Voilà qui devrait compliquer la mise en place et la légitimité du Centre Gabonais des élections, qui va, encore une fois de plus, pâtir des querelles de chapelles d’une opposition victime de ses propres travers. De quoi faire allègrement le lit du PDG qui devrait surfer sur cette guerre de légitimité interne pour rafler à nouveau la mise à l’Assemblée nationale.


Leno KOLEBA

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