Libre propos : La redynamisation et mutualisation, plus qu’une nécessité…

lundi 17 juin 2019 Santé


Une véritable lapalissade que d’évoquer un redéploiement du système national de santé. Ce d’autant plus qu’en 2012, par l’entremise de sa thèse d’Anthropologie Sociale et Ethnologie <>, notre compatriote Emmanuel Ebang Ondo interpellait déjà les pouvoirs publics qui projetaient la construction d’établissements hospitaliers aux normes futuristes. Cette étude a tenté en son temps, de fournir une connaissance de la société gabonaise en questionnant l’univers complexe des acteurs du système de santé.

Quelques repères historiques liés au processus de transfert de la biomédecine en Afrique pendant la colonisation ont en effet permis à l’auteur, de décrire le système de santé gabonais. Tant il est vrai que les dernières lignes énoncent que "le plus grand hôpital public apparaît comme un univers médical totalement intégré dans les enjeux sociaux, culturels, politiques, économiques des patients (ou leurs accompagnants) et des personnels de santé. La vie quotidienne au sein du CHL de Libreville traduit bien des aspects spécifiques du fonctionnement de la société gabonaise d’aujourd’hui" (sic).

Mais pour ce qui nous concerne, le choix des ministres nous importe peu. Nous ne reviendrons nullement sur celui du Docteur Max Limoukou, l’ancien directeur général-adjoint du CHL (actuel Centre Hospitalier Universitaire de Libreville) aux états de service reconnus en chirurgie à la faveur du dernier remaniement du Gouvernement, encore moins sur la valse observée en l’espace de dix années à Alusuisse (immeuble construit avec un alliage selon une technologie suisse qui abrite plusieurs administrations dont le cabinet du ministre de la santé NDLR).

Une grande frange de la population reste cependant nostalgique du passage au ministère de la Santé, des médecins militaires français au lendemain de l’indépendance et de l’actuel président de l’assemblée nationale, un Économiste qui peut se prévaloir d’une parfaite connaissance du model Japonais. Les défis dans le secteur de santé concerneraient actuellement, en tenant bien entendu compte des restrictions qu’imposent la conjoncture, aussi bien l’éthique que la préservation de l’existant, en passant par la promotion de la pharmacopée.

A y regarder de près, tout semble réuni pour s’interroger au bout du compte, sur la nécessité ou non, de procéder à une redéfinition du schéma directeur stratégique 2017-2022 pour une meilleure visibilité de la carte sanitaire quand dans le même temps, l’initiative de Bamako (gestion participative de la communauté, accès aux médicaments essentiels génériques et coopération décentralisée) consacre à ce jour, les résultats jugés honorables dans plusieurs pays de l’Afrique au sud du Sahara en matière de soins de santé primaires.

Le model basé chez nous sur trois (3) ordres : secteur public civil, secteur public militaire et secteur parapublic complété par les établissements privés suffit-il encore pour encourager les vocations et décourager les promoteurs véreux ? That’s the question ! A fortiori, que valent réellement de nos jours certaines entités sans ressources adéquates, à l’exception du programme national de lutte contre le sida et du programme national de lutte contre le paludisme sensiblement mieux lotis ?

Là résiderait tout le problème et c’est peut-être ici le lieu d’appeler à la réouverture des écoles provinciales de santé qui devraient tirer profit de partenariats tant bilatéraux que multilatéraux. L’exemple du projet d’appui de l’université du Québec à Trois-Rivières en faveur de l’Institut national de formation d’action sanitaire et sociale (INFAAS) demeure, l’un des plus probants. L’hôpital canadien d’Oyem, nonobstant certaines difficultés, représente toujours un atout architectural. Idem pour les hôpitaux financés par les gouvernements chinois et égyptiens. La présence, sur le territoire national de nombreux spécialistes venus d’horizon divers témoignant en corollaire, de l’exemplarité des relations avec plusieurs autres nations.

Il reste que le personnel du secteur de la santé avoisine 12.000 personnes dont 11.385 sont employées dans le secteur public. Si l’on ne s’en tient qu’au récent rapport de la Banque mondiale, le Gabon dispose de 0,3 médecin du secteur public civil pour 1000 habitants, ou 0,5 médecin pour 1 000 habitants, lorsque les systèmes de santé militaire, parapublique et privé sont comptés. Le directeur général de la programmation des Investissement et des équipements, Martin Essono Ndoutoumou est membre titulaire du conseil exécutif de l’organisation mondiale de la santé pour le compte du Gabon, avec pour suppléant le Docteur Anges Mibinzou Mouélé.

Plusieurs autres compatriotes ont occupé d’importantes fonctions ou siègent au sein d’organismes régionaux et sous-régionaux. Pour ne citer que le Docteur Constant-Roger Ayenengoye, secrétaire exécutif sortant de l’organisation de coordination pour la lutte contre les endémies en Afrique centrale, (OCEAC) basée à Yaoundé, le professeur Jacques Lébibi à la tête de l’Ecole Doctorale Régionale de Franceville, Antoine Dangouali Yalanzèle, l’ancienne rédactrice en chef de la radio AFRICA No1, notre consœur Flavienne Issembé et Marie-Agnès Nzenzé au bureau régional de l’OMS pour l’Afrique à Brazzaville de même que l’actuel président de la commission des spécialités médicales de l’union africaine de médecine du sport, Docteur Henri Nsie Obame.

Le centre international de recherches médicales de Franceville (CIRMF) est dirigé par le Docteur Jean Sylvain Koumba. Enfin, le médecin Général professeur Jean-Raymond Nzenzé est le Représentant gabonais au comité international de médecine militaire. Un membre du Gouvernement a même présidé aux destinées du comité des ministres africains de la santé sur les médicaments. Ce dernier avait d’ailleurs fait prévaloir la voix du Gabon, pour le retour de l’OMS/AFRO au Congo. Le conflit inter-congolais avait en effet obligé, sa délocalisation à Hararé au Zimbabwe.

Cela relève certes du passé mais les prochains jours devraient traduire les prémices d’un renouveau de l’offre de soins. L’usager est interpellé à plus d’un titre. Toute démarche contraire cacherait la véracité des rumeurs de certaines complicités, fondées ou non.


Patrick Bibang
Journaliste, point focal en santé

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