Lutte contre la vie chère : De la parole aux actes

lundi 21 août 2017 Economie


Le ministère de l’Economie vient d’adopter la nouvelle grille des prix comme promis il y a quelques semaines. Il met ainsi en pratique sa nouvelle mesure de réduction des prix de produits de première nécessité de 15%. La grille, allongée de quelques produits comporte désormais 184 produits en lieu et place des 166 produits listés dans l’ancienne grille.

La mesure de réduction des prix de première nécessité ou de consommation courante annoncée il y a plusieurs semaines connaît un nouvel épisode avec l’entrée en vigueur de la nouvelle grille des prix (mercuriale) il y a seulement quelques jours. Réévaluée à 184 produits de consommation courante à la place des 166 produits compris dans l’ancienne grille, la nouvelle grille ferait perdre à l’Etat 40 milliards de francs CFA à titre de taxes. Un mal nécessaire selon le ministre de l’Economie mais qui ne sera cependant pas sans conséquences pour tout opérateur économique exerçant dans la distribution qui viendrait à fouler cet effort de l’Etat.

«  L’Etat restera intraitable, parce qu’on ne peut pas spolier l’effort qui est consenti par l’Etat, et en bout de chaîne qu’il n’y ait pas d’impact. Des sanctions seront prises à l’endroit des commerçants véreux », prévient le ministre délégué à l’Economie. Mis en place pour être flexible au bénéfice des consommateurs et distributeurs, la nouvelle grille est une réponse à l’échec des politiques de lutte contre la cherté de la vie menée jusqu’ici par l’Etat. Enfin donc de garantir l’efficacité de cette nouvelle action, la nouvelle mercuriale sera appliquée sur une période de six mois. Ce temps permettra au gouvernement de mieux mesurer son impact et voir dans quelle mesure apporter des rectificatifs aux dérapages constatés avant adoption finale.

Marge de manœuvre

Pour permettre à l’ensemble des distributeurs de se conformer avec cette nouvelle mesure, le gouvernement accorde « deux semaines » à ces derniers. De même, parce qu’ « en économie toute chose étant égale par ailleurs, ce qu’ils vont perdre en terme de prix, ils vont le récupérer en volume », indique le ministre délégué. La mesure n’a pas volonté de détruire les marges financières des commerces mais de garantir une stabilité des prix qui profite à toute la chaîne de distribution. Ce qui explique la longue marge temporelle entre la date d’annonce de cette mesure par le ministère de l’économie et celle de son application récente. Le ministère a voulu accorder aux opérateurs un temps pour vider leurs stocks.

Contrôles en vue

Le problème réel du respect des grilles de prix réside dans celui de la faiblesse du contrôle. Les mesures prises finissent toujours par imploser faute de suivi permanent de la part de l’administration. Ce qui explique que des politiques menées dans ce sens n’ont jamais eu de succès. Ce fut le cas avec la mesure de décongestion des prix prise en 2012 par le Président de la République, Ali Bongo Ondimba alors que l’Etat consentait à perdre un total fiscal à titre de TVA de l’ordre de 11 milliards de francs CFA pour un résultat nul. L’effet négatif sert peut-être de leçon puisque le ministère de l’Economie n’entend pas mettre en place une aussi bonne mesure et rester les bras croisés en regardant les distributeurs définir les prix à leur guise.

En effet, pour le prolongement de cette mesure tout comme pour son efficacité, l’administration publique entend mettre en place une brigade mixte chargée de suivre cette mesure. L’option d’un numéro vert est également envisagée.


Michael Moukouangui Moukala

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