Mairie de Libreville : Léandre Zué attendu au pied du mur

mardi 12 mars 2019 Politique


C’est ce qui est convenu de dire, alors que le nouvel édile de la capitale gabonaise, élu le 3 février dernier a été installé avec faste dans ses fonctions, lundi 11 février par le ministre de l’Intérieur, Lambert Noël Matha. Une installation qui intervient, alors que la marie de Libreville, la plus grande du pays, reste confrontée à de nombreux défis, dont les plus majeurs sont sans doute, l’insécurité et l’insalubrité à grande échelle.

« Je connais très bien la mairie, je pense que nous allons faire le maximum et les Gabonais seront satisfaits ». C’est en ces termes que Léandre Zué s’exprimait déjà au terme de son élection à la tête de la mairie de Libreville le 3 février dernier. Mais comment satisfaire les Gabonais dans une ville où la crise des ordures, avec des montagnes de déchets, côtoient très souvent le quotidien des populations, et avec cela, leur corollaire de maladies ? Comment satisfaire les Gabonais dans une ville où les tarifs de transports urbains, mal ou pas du tout régulés, saignent chaque jour les petites économies des populations déjà sévèrement éprouvées par la cherté de la vie, qui prend tous les jours des courbes inquiétantes ? Sans aucune prétention d’être exhaustif, ces deux interrogations à elles seules posent déjà l’immensité de la tâche qui attend le nouvel édile de la capitale gabonaise.

Lequel devra s’attaquer entre autres à l’informel et à la parafiscalité qui font perdre beaucoup d’argent à l’Etat. Surtout dans un contexte marqué par des tensions de trésorerie extrêmes. Toute chose qui passe nécessairement par la réorganisation stricte des contrôles jugés excessifs par les commerçants, qui eux dénoncent tout le temps l’acharnement de la mairie, avec des taxes exagérées dont le recouvrement est mené par des agents parfois soupçonnés d’être des faux. Outre ce problème de recouvrement de taxes, Léandre Zué devra aussi, de concert avec le gouvernement, faire en sorte que la dette de l’Etat vis-à-vis des entreprises de collecte d’ordures soit soldée, peut-être pas d’un seul trait vu le contexte économique actuel, mais à échéances régulières, afin d’éviter l’amoncellement de la saleté qui pollue parfois la vie déjà éprouvante des librevillois. Cela passe aussi par le désengorgement ou encore la délocalisation de la décharge de Mindoubé, qui a atteint son seuil de saturation depuis de nombreuses années et qui n’est plus en mesure de recevoir encore les quelques 600 tonnes des ordures produites chaque jour par les ménages de Libreville.

A cela s’ajoute les problèmes d’insécurité liée aux braquages et aux viols, les problèmes d’éclairage public, d’entretien des voiries dans les différentes artères et même des voies principales, qui se dégradent en pleine ville, au vu et au su des décideurs, rajoutant ainsi au décor déjà piteux d’une commune censée être pourtant la vitrine du Gabon. Bref, Léandre Zué qui n’est pas un inconnu à la mairie de Libreville a du pain sur la planche. Et même si on lui sait déjà quelques initiatives sur le terrain, notamment la fameuse opération « libérez les trottoirs » entre 2009 et 2010, alors qu’il n’était encore que 4ème maire adjoint, gérer la mairie de la plus grande ville du pays, c’est une autre paire de manche et c’est là justement que Léandre Zué sera jugé par des populations de plus en plus exigeantes.


Leno KOLEBA

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