Marchés publics : L’Etat Gabonais, un mauvais payeur ?

vendredi 7 septembre 2018 Economie


Après le litige financier avec Guido Santullo, décédé il y a seulement quelques jours pour ne pas dire semaines et en litige avec les autorités gabonaises en raison des factures impayées, et ce, après la réalisation et livraison de plusieurs chantiers publics, l’Etat vient de nouveau d’être cité par le Groupe Webcor pour non-respect de ses engagements. Un litige similaire à celui l’opposant au Groupement Sericom Santullo et qui remet en cause la responsabilité du gouvernement dans le respect des contrats léonins conclus au début de la deuxième décennie du 21e siècle.

Financer la réalisation des projets publics sur fonds propres avant d’être soldé par le gouvernement gabonais, telle était la tendance lors du premier magistère de l’actuel Président de la République, Ali Bongo Ondimba. Les marchés passés de gré-à-gré étaient sous le contrôle d’un panel des différents ministères concernés par les « appels d’offre ». Ce modèle de gré-à-gré a fait dès 2010, de feu Guido Santullo, l’homme fort du BTP au Gabon. Routes, ponts, bâtiments publics, l’entrepreneur italien intervenait dans de nombreux projets pour un coût total estimé à 700 milliards de francs CFA, plus grave financés sur fonds propres. Au moment du paiement, l’Etat gabonais rechigne et accuse par la même occasion ce dernier de « délinquance financière », arguant qu’il s’adonnait à la corruption et au blanchiment d’argent.

La bataille judiciaire qui débuté en 2015 entre l’Etat et le groupement Sericom va durer plusieurs années et révélera de graves dysfonctionnements dans la passation des marchés publics au Gabon. Ainsi, Guido Santullo meurt essoufflé par un combat judicaire avec son ancien partenaire, le Gabon, sans entrer en possession de ses fonds. Mais la succession compte bien faire suivre l’affaire malgré les tractations du Gabon. Alors que ce dernier vient de passer de vie à trépas, une affaire quasi similaire, passée sous silence met en lumière révèle de nouveau les dysfonctionnements déplorés dans l’attribution des marchés léonin. Comme avec le groupement Sericom, l’Etat gabonais a été trainé devant un Tribunal arbitral international (CCC) aux fins d’avoir satisfaction de sa plainte après rupture brutale d’un contrat conclu avec le Groupe Webcor pour la construction d’un marché public.

« Il s’agit d’un contrat très classique de Partenariat public Privé (PPP) dans lequel l’Etat n’a pas déboursé un Francs CFA et le Groupe Webcor a payé des montants très significatifs couvrant l’intégralité des travaux avant d’être injecté sans ménagement par l’Etat (…) », fait remarquer le Groupe dans un communiqué. Tout Comme Sericom, le Groupe Webcor est accusé de corruption. Ce qui irrite Webcor qui « s’insurge contre ces allégations mensongères et ces insinuations… ». Sommé de payer la somme d’environ 65 milliards de francs CFA après délibération du Tribunal arbitrage international, l’Etat Gabonais refuse de s’exécuter dans cette décision alors qu’ « il a été jugé par le Tribunal arbitrage international, intervenu en violation de ses engagements contractuels et exclusivement imputables à l’Etat gabonais, condamné à verser en réparation au Groupe Webcor la somme d’environ 65 milliards de francs CFA ». Ces deux affaires, jugées au-delà des frontières nationales tendent à remettre en cause la responsabilité de l’Etat gabonais dans les engagements contractés auprès de ses partenaires privés et sapent peut-être l’attractivité du pays


Michael Moukouangui Moukala

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