Méga meeting de l’opposition : Jean Ping et la rengaine du palais perdu !

mardi 18 avril 2017 Politique


L’ancien candidat de l’opposition au dernier scrutin présidentiel, Jean Ping, a tenu un meeting samedi 15 avril dernier à Libreville, la capitale gabonaise. Au cours de cette énième sortie, le principal adversaire d’Ali Bongo Ondimba a intimé à son rival l’ordre de quitter sans délais le fauteuil « avant qu’il ne soit trop tard ». Un ordre accueilli dans les rangs du pouvoir comme une blague de plus, tant l’opposant est désormais habitué à le ressasser à chaque prise de parole, sans qu’il ne se donne véritablement les moyens d’y parvenir.

Comme à chacune de ses sorties, c’est avec l’éternelle promesse de la prise bientôt de son « palais perdu » que l’ancien candidat de l’opposition à la dernière présidentielle, Jean Ping, a tenu en haleine les nombreux manifestants venus s’abreuver de ses oracles habituels contre le régime Bongo. C’était à l’occasion d’un méga meeting, organisé le week-end écoulé par la coalition pour la nouvelle république, plate-forme regroupant plusieurs partis et personnalités politiques. Coalition constituée, s’il est besoin de le rappeler pour l’essentiel des anciens apparatchiks du règne cinquantenaire d’Omar Bongo. Des apparatchiks aujourd’hui convertis à l’opposition à la suite du violent séisme des démissions qui secoue le Parti démocratique gabonais depuis l’avènement au palais du bord de mer d’Ali Bongo à la mort de son père en 2009.

Et au moment où le pouvoir et une partie de l’opposition se réunissent dans le cadre d’un dialogue politique baptisé « sans tabous », en vue, dit-on, de redéfinir les règles du jeu politique à la satisfaction de tous, cette énième sortie de Jean Ping et toute sa compagnie politique avait pour but de faire une démonstration de forces mais aussi de sensibiliser leurs militants, surtout les maillons faibles qui pourraient se laisser tenter par le dialogue d’Ali Bongo, qu’ils qualifient volontiers du « bal des vampires ». D’où l’éventail de la vieille rengaine de la prise par la force du palais présidentiel, agité à l’occasion par l’ancien président de la commission de l’Union africaine. En effet, et comme il sait le ressasser à chacune de ses prises de parole, Jean Ping n’a pas manqué d’intimer l’ordre à Ali Bongo d’abandonner incessamment le trône, afin qu’il s’y mette immédiatement « avant qu’il ne soit trop tard ».

Un ordre qui ne semble plus inquiéter le pouvoir, qui lui doit rire aux éclats, notamment le porte-parole du Gouvernement, Alain Claude Bilié By-Nze, qui ne s’empêche plus de qualifier l’opposant de « plaisantin ». Car le leitmotiv à force d’être ressassé sans cesse ne semble plus avoir d’effet. Même si l’homme n’est jamais parvenu, malgré de multiples mises en garde à l’endroit de son rival, à reprendre son « palais perdu » depuis le terme du scrutin d’août 2016, il sait la formule porteuse d’espoir auprès de ses soutiens, quitte à les emprisonner dans le rêve de l’impossible sans cesse vaticiné. Une stratégie pour lui de toujours garder en éveil tous ceux qui peuvent encore croire en sa capacité de prendre aujourd’hui le pouvoir par la force, Ali Bongo détenant l’essentiel des leviers de l’Etat, y compris l’armée qui a déjà donné un avant-goût de sa capacité à réprimer le 31 août dernier. Parviendra-t-il à reconquérir ce qui lui a été « confisqué » ? Rien ne semble pour l’instant l’affirmer tant la formule, vieille de 2016 n’a servi jusqu’ici qu’à l’animation du show politique.


Charles Nestor NKANY

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