Mesures d’austérité : Quand la confusion syndicale élève le gouvernement…

lundi 30 juillet 2018 Politique


Après l’adoption par le gouvernement d’un plan d’austérité essentiellement axé sur la réduction des salaires, le gel des recrutements et des carrières dans la Fonction publique, la « riposte » syndicale apparaît très marginale devant un pouvoir droit dans ses bottes. Puisque les divisions et bagarres dans les rangs des syndicalistes ne contribuent qu’à fragiliser davantage le contrepoids qu’auraient pu constituer la société civile face à une cure d’austérité partout décriée comme la plus dévastatrice du tissu social. Surtout dans un contexte marqué par la mise au banc de touche d’une opposition devenue aphone.

Des syndicats à couteaux tirés, s’accusant mutuellement de manipulation politique, une opposition qui sombre inexorablement dans l’anonymat après l’éphorie éphémère de la présidentielle, une indifférence de résignation générale de la population, etc. Voilà autant d’ingrédients favorables à la prospérité des mesures gouvernementales visant la relance d’une économie nationale, victime d’une gestion problématique de ses gouvernants. Car avec une masse salariale évaluée à plus de 710 milliards de FCFA, il semble difficile pour l’Etat d’investir dans le social, notamment avec la construction des infrastructures de base. D’où la nécessité de cette cure qui devrait ramener cette masse salariale autour de 400 milliards par mois. Pour y arriver, il faut donc un effort collectif. Et cela passe par l’application des décotes allant de 5 à 15% sur les salaires supérieurs à 650 mille FCFA.

Riposte syndicale désordonnée

Malgré l’impopularité sourde qui accueille ces mesures, le gouvernement ne semble pas être inquiété outre-mesure. Car tous les contrepoids ou presque en présence (société civile et opposition), minés par les querelles intestines sont très loin de lui faire de l’ombre dans sa voie royale vers ce que Jean Rémy Yama, le président de Dynamique unitaire qualifie de « précarisation de l’agent public ». Mais même s’il dénonce une volonté du gouvernement de « précariser » le fonctionnaire, le combat du président de la plus grande centrale syndicale apparaît aujourd’hui comme un baroud d’honneur devant la résignation presque ou totale de ses camarades syndicaux. Mais surtout face aux autres syndicats fantoches comme le Bloc syndical de la première seconde regroupant les Aminita Ondo et autre Pierre Mintsa fustigés par les autres comme les porte-paroles du gouvernement parce qu’étant déjà en campagne pro gouvernementale sur le bien fondé de ces mesures.

Le tout dans l’inférence notoire d’une opposition qui est peu à peu tombée dans l’anonymat après l’agitation ostentatoire de la présidentielle. C’est dire que même si Dynamique unitaire et autres syndicats affiliés refusent de payer ce qu’ils appellent « la facture de la mal gouvernance » du pouvoir, qui entre 2010 et 2014 a fait éclaté plus de trois mille milliards, sans aucun investissement concret, leur marge de manœuvre dans ce contexte d’indifférence générale reste pour l’heure bien limitée face à un gouvernement jusqu’au-boutiste. Pourront-ils renverser la donne lors de la mobilisation du 02 août qui s’annonce déjà triomphale ? La question reste posée en attendant cette rencontre que les syndicalistes prophétisent eux-mêmes comme cruciale.


Leno KOELBA

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