Mesures gouvernementales et obligation de résultats : Un cercle vicieux

vendredi 8 mars 2019 Politique


Agences créées et supprimées par la suite, les discours truffés de promesses fleuves dont les effets restent toujours attendus, maîtrise de la masse salariale, avec paradoxalement le cabinet du premier ministre qui explose en effectifs, une suite de séminaires gouvernementaux, sans incidences certaines sur le quotidien des populations, etc. La liste des ratés est longue et il serait vain d’étaler ici son exhaustivité. Et malgré les bonnes décisions et intentions, rien manifestement ne décolle, l’usure aidant.

Les décisions, les bonnes intentions, les discours s’enchaînent depuis près de 10 ans. Pourtant, de l’avis des populations dans les quartiers, elles qui subissent de plein fouet, les effets d’un chômage grandissant, d’une vie de plus en plus chère et hors de portée à tous les niveaux, tous ces beaux discours, toutes ces mesures venant d’en haut ressemblent fort bien à de l’enfumage.
De l’avis général, il y a comme une césure nette entre d’un côté, les gouvernants avec des décisions et des recettes qui, manifestement ne convainquent plus grand monde du fait de l’absence des résultats sur le terrain, et de l’autre, les populations désabusées par la crédibilité même des discours à leurs yeux pompeux et creux. Et les discours, visiblement, il y en a déjà eu, le plus emblématique étant celui du président Bongo le 31 décembre 2017.

Plus d’un an après ce beau discours placé sous le sceau du concret pour l’année 2018, notamment avec la création de milliers d’emplois (10.000 au total), les effets de cette annonce se font toujours attendre. Excepté, dans une moindre mesure, la gratuité de l’accouchement et la réfection en cours de quelques établissements scolaires ça et là, l’essentiel des promesses annoncées pour se concrétiser en 2018, conjuguent toujours le verbe attendre. Verbe attendre qui, décidément, devient la marque recommandée des différents gouvernements qui se succèdent les uns après les autres, puisqu’entre 2009 et 2019, le pays aura organisé cinq séminaires gouvernementaux, le dernier en date étant celui qui s’est tenu en février dernier au Cap Estérias, qui devient une sorte de lieu de villégiature gouvernementale.
Tout cela, sans effets véritables sur le quotidien des gabonais, n’engendre que doutes et méfiance.

Quid des récentes mesures ?

Même si le porte-parole de la présidence de la république, Ike Ngouoni Oyouomi, dans son point presse d’hier jeudi 6 mars, soutient que la suppression des agences et autres structures publiques répond à un besoin de résultats, qui justifie également le débarquage de certains responsables d’administrations, tout cela bien sûr peine à convaincre.

Surtout quand le cabinet du premier ministre, Julien Nkoghe Bekalé enregistre près d’une centaine de nominations, lors du conseil des ministres du 26 février dernier, alors même que celui de son prédécesseur n’en comptait plus qu’une quarantaine après avoir été réduit considérablement l’année dernière pour se conformer aux mesures d’austérité. Ici encore, on a beau chasser le naturel, il revient au galop. Véritable paradoxe qui annihile les efforts d’abaissement des dépenses publiques, si efforts il y a.

Globalement, et même s’il refuse de l’admettre, le pouvoir a fait fausse route, notamment avec la création pourtant décriée en son temps des agences reliées pour la plupart à la présidence de la république. Après des sommes d’argent englouties, sans résultats probants, et n’ayant plus rien à y injecter en période de crise financière, il n’a trouvé d’autre solution que leur suppression pure et simple, sans audit pouvant établir les responsabilités.
La facilité de la solution est si déconcertante qu’elle éclipse en même temps, la responsabilité du pouvoir et les’’ copains’’ qui ont géré lesdites structures. Sauf qu’avec cette vague de suppressions, ce sont des nombreux amis et autres gabonais qui sont envoyés paître dans ce contexte du chômage ambiant. C’est dire qu’en croyant résoudre un problème, le gouvernement est en train d’en créer d’autres. Et c’est un serpent qui se mord la queue.


Leno KOLEBA

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