Modification de la Constitution : Vers un vote référendaire ?

lundi 4 décembre 2017 Politique


Tandis que le pouvoir a déjà déposé sur la table des députés qui devraient l’adopter, le projet d’amendement de la constitution, opposition et magistrats dénoncent l’illégalité de la procédure et exigent le recours au référendum. Pour ces derniers, le mandat des parlementaires, actuellement en poste à l’Assemblée nationale ayant déjà expiré depuis décembre 2016, reste le recours au seul peuple, habilité à trancher sur la question.

La revendication du référendum soutenu aussi par le syndicat national des magistrats du Gabon (SYNAMAG) est partie du dépôt du Ministre de la Justice, Me Francis Nkéa, du projet de modification constitutionnelle sur la table des députés de la commission des Lois, des affaires administratives et des Droits de l’Homme, le mois dernier. Inacceptable, pour les magistrats qui pointent du doigt l’illégalité de la procédure initiée par le gouvernement. Les Hommes en toges expliquent que le mandant des députés actuellement en fonction ayant expiré, tout recours à l’Assemblée nationale pour adoption d’un projet de réforme constitutionnelle est purement et simplement "illégal".

Reste donc le recours au peuple, seul habilité à trancher, selon eux sur la question. Recours au peuple, c’est aussi ce que préconise l’ancien candidat indépendant à la dernière élection présidentielle, Gérard Ella Nguema. « Nous devons rester sereins. Ceux qui pensent que cette Constitution fait entorse à la forme républicaine, qu’ils s’en réfèrent au peuple. Ceux qui pensent que la révision de certains articles et de certains aspects de notre constitution est nécessaire, doivent, eux aussi s’en référer au peuple. Le peuple est souverain », insiste-t-il.

Même son de cloche pour le Front uni

Le premier mouvement à avoir revendiqué ouvertement la tenue d’un référendum est le groupe parlementaire, Front Uni de l’opposition, piloté par le sénateur, Jean Eyeghe Ndong. Faisant partie de ce groupe parlementaire, le 6e vice-président du sénat, Jean Christophe Owono Nguema, avait déjà appelé les Gabonais à descendre dans la rue, afin de faire échec à ce projet en chassant Ali Bongo Ondimba du pouvoir. Et cela est d’autant plus délicat que certains craignent une remise en question totale des fonctionnalités démocratiques en vigueur dans le pays depuis plus de deux décennies.

Au nombre de ces inquiets se trouve Me Louis Gaston Mayila, président de l’Union pour la Nouvelle République (UPNR opposition pro Ping). Pour Mayila, la reforme constitutionnelle envisagée par le gouvernement comporte autant d’impairs qui menacent les acquis démocratiques obtenus au sortir de la conférence nationale de 1990. Il faut donc s’en remettre au peuple, surtout pour une question concernant la modification de la constitution d’un pays. Mais même si Magistrats et opposition restent mobilisés contre l’amendement de la constitution voulu par les acteurs au dialogue d’Angondje, leurs marges de manœuvres semblent bien limitées devant la détermination du pouvoir décidé coute-que-coute à faire passer le texte par voie parlementaire. Surtout avec un parlement majoritairement acquis à sa cause.


Leno KOLEBA

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