Nouveau gouvernement : Quand le débauchage affole l’opposition…

lundi 7 mai 2018 Politique


Pour avoir nommé deux ministres de l’opposition radicale, en l’occurrence,Jean De Dieu Moukagni Iwangou, président de Union et solidarité, au poste de ministre de l’Enseignement supérieur et Michel Menga M’Essone, secrétaire général du Rassemblement Héritage et Modernité (RHM), ministre de l’Habitat, Ali Bongo Ondimba et Issoze-Ngondet ont jeté le trouble dans l’opposition.

C’est un affolement général qui s’est emparé de l’opposition, depuis l’annonce du gouvernement Issoze-Ngondet III vendredi dernier. Et pour cause, deux de ses membres, et non des moindres, feront désormais partie de cette nouvelle équipe gouvernementale dite de transition. Conséquence immédiate, Michel Menga M’essone a été relevé de ses fonctions de secrétaire général du Rassemblement Héritage et Modernité (RHM) pour voir accepté sa nomination au ministère de l’Habitat.

Pour ce parti politique de l’opposition, pro Ping, cette entrée remarquable au gouvernement de l’un des siens, n’est autre qu’une action délibérée de Menga lui-même et n’engage nullement le Rassemblement Héritage et Modernité. La rupture manifestement semble désormais consommée entre Michel Menga et ceux qu’on pourrait dorénavant appeler ses anciens camarades de l’opposition.

Quid de Moukagni Iwangou ?

Quant à Jean De Dieu Moukagni Iwangou, dans son entourage, on assure qu’il aurait refusé ce poste, même si l’intéressé ne s’est pas encore exprimé depuis qu’il a été bombardé ministre de l’Enseignement supérieur. L’homme décidément est habitué aux coups d’éclat de ce genre afin de se faire passer pour un caïd de l’opposition puisqu’en 2015, il avait déjà refusé de faire partie du gouvernement d’ouverture après avoir accepté en coulisse. Il avait fallu des photos de lui négociant avec Ali Bongo lui-même pour convaincre l’opinion.

Car pour Iwangou, le mal absolu du Gabon, c’est le régime Bongo et il ne faut en aucun cas pactiser avec le « diable ». Mais comment peut-on être nommé dans un gouvernement sans au préalable avoir été approché ? Comment peut-on avoir été nommé sans son accord ? Au fond, la stratégie de Moukagni Iwangou, si elle en est une, ne contribue qu’à le rabaisser au stade du ridicule politique.

La décapitation de l’opposition…

Avec ces nominations, au-delà du souci de former un gouvernement d’union nationale, le pouvoir qui va maintenant pêcher dans les eaux de l’opposition, n’a plus qu’un plan en tête : la décapitation du mouvement de Résistance de son rival, Jean Ping, du moins ce qu’il en reste encore. Puisque la plupart, les uns après les autres ont déjà rejoint ou rejoignent le camp du pouvoir. Après avoir convaincu une bonne partie de l’opposition proche de l’ancien patron de la commission de l’Union africaine de participer aux législatives, après les avoir débauché, à l’appât des postes, le régime cherche désormais à prendre dans son escarcelle, les derniers radicaux du RHM. D’où la furie d’Alexandre Barro Chambrier, le président du parti dénonçant la faiblesse de Michel Menga d’avoir cédé aux sirènes de l’argent.

Une opposition instable

En réalité, ces nominations de Michel Menga, et Moukagni Iwangou portent l’estocade aux rescapés de la cour de Jean Ping, du moins les irréductibles qui ont toujours rejeté systématiquement toute idée de rapprochement avec le pouvoir de Bongo. Des nominations pourtant contraires aux idéologies défendues jusqu’ici par l’opposition radicale depuis le terme de la présidentielle de 2016. Mais la vertu politique pour une opposition famélique, toujours à la recherche de postes, cette vertu là n’a pas de place dans un univers marqué par le papillonnage continu de ses acteurs, toujours à l’affût de prébendes. Et Jean Ping le paie cher aujourd’hui, lui qui a cru illusoirement qu’il était entouré des bons compagnons.


Leno KOLEBA

Vos commentaires

  • Le 7 mai à 09:34, par serges dry En réponse à : Nouveau gouvernement : Quand le débauchage affole l’opposition…

    bonjour les politiques ;je me rappelle de cette etudiante nommée ministre delequee au eau et foret vraiment quel type de ministres avons nous a ce pays,cette derniere vie dans une avc sa grand soeur et de suite nomme,est ce elle a ete consultée comme le Mjean de dieu ?ils feront tous parti d un meme gouvernement ?ça s appelle un gouvernement de vau rien.

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  • Le 7 mai à 18:52, par aller vs faire foutre En réponse à : Nouveau gouvernement : Quand le débauchage affole l’opposition…

    juste une seule chose pour Moukagni Iwangou, souviens toi du passe. te souviens tu de ce danseur d’ikoku ki fut ministre de l’habitat puis jeter comme une chaussette ? c sera ton cas si tu essaies de rentrer ds c gouvernement de tueur, tu seras compter parmi ceux ki ont verse le sang de nos freres qui demande justice. Ne souille pas tes mes mains et ta reputation. Un soldat du peuple reste debout pour le peuple jusqu’a la fin comme feu Mamboudou.

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  • Le 8 mai à 20:54, par MBAMBI En réponse à : Nouveau gouvernement : Quand le débauchage affole l’opposition…

    Qui va rayer qui de Parti/Chambrier lui meme a negocié son entree ds ce gouvernement /Ses exigences d’etre ministre du buget n’ont pas ete approuvees par Ali /Ils sont tous des traitres/Ils le paieront tous /

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