Olam au Gabon : L’analyse de l’économiste Mays Mouissi !

mercredi 30 mai 2018 Economie


La réorientation des activités du groupe singapourien, Olam, au Gabon à partir de 2010 a été une stratégie payante à en croire l’économiste et analyste, Mays Mouissi. Ce dernier dans un rapport dédié aux activités de l’entreprise et défendu hier, mardi 29 mai, a montré la plus-value de ce redéploiement stratégique, et ce, malgré les quelques limites observées.

Olam contribue fortement à la croissance économique du Gabon et son modèle économique permet de penser autrement La politique économique nationale après des années de dépendance pétrolière. C’est ce qui ressort de l’étude socio-économique élaborée par l’analyste économique, Mays Mouissi en collaboration avec Marc Ona Essangui, secrétaire exécutif de l’ONG Brainforest, sur les activités d’Olam au Gabon au cours de la période 2010-2017. Baptisé « Impact socio-économique des activités du groupe Olam sur l’économie de la République gabonaise au cours de la période 2010-2017 », le rapport jette un regard froid sur la valeur ajoutée générée par Olam, les défis à réaliser par cette entreprise et les limites de son activité vis-à-vis des populations notamment celles de l’intérieur du pays.

En effet, sur le plan national, selon l’étude de Mays Mouissi, en 2016 Olam a contribué à hauteur de 295 milliards de francs CFA dans la formation du PIB du Gabon. La valeur ajoutée créée par Olam pour l’économie gabonaise représente 3,6% du PIB nominal (8 311 milliards de francs CFA) et 5% du PIB nominal hors pétrole brut et services pétroliers (5 895 milliards de francs CFA). Cette performance à la hausse qui prend en compte le développement de l’agriculture, l’industrie et du transport tient avant tout de la nouvelle alliance économique conclue en 2010 entre l’Etat gabonais et le groupe singapourien Olam sous la forme d’un Partenariat public privé (PPP) qui procure d’importants avantages au groupe. Lesquels avantages ont permis à cette entreprise de droit singapourien de s’investir dans de nombreux domaines d’activités.

Pour les années à venir cette performance du PIB nominal de l’entreprise devrait s’accroître à en croire l’analyste. « On devrait avoir dans les trois, quatre prochaines années une hausse des activités de cette entreprise », prévient Mays Mouissi. Mais si ces investissements reconnaît-il participent de la diversification de l’économie nationale, ceux-ci ont un effet pervers sur la contribution de l’entreprise à la fiscalité et l’impact social malgré les contrats sociaux conclus. Du fait des accords passés avec l’Etat, Olam jouit d’une exonération fiscale jusqu’en 2025. A cause de ce partenariat l’entreprise ne paie pas d’impôt. « L’impact d’Olam sur les revenus fiscaux de l’État est faible », indique le rapport de Mays Mouissi. Et cela concerne aussi bien Olam que les compagnies en activité dans la ZES de Nkok qui sont exonérées du paiement des droits de douane, de l’impôt sur les sociétés pendant 10 ans, de la TVA pendant une période de 25 ans et de l’impôt sur la propriété foncière.

La politique sociale de l’entreprise n’est pas en reste des reproches adressés à Olam. Malgré un engagement sociétal prouvé, la politique de l’entreprise à l’endroit des populations impactées reste inadéquate. La qualité de vie des populations impactées, l’alimentation, le pouvoir d’achat, l’emploi y compris certains investissements réalisés par l’entreprise dans le cadre du respect du contrat social n’ont pas vraiment contribué à changer la situation de ces populations. Pour l’économiste, Olam doit revoir sa copie sur ce domaine précis.


Michaël Moukouangui Moukala

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