Projet GRAINE : Cultures de banane, le maillon faible !

vendredi 2 février 2018 Société & environnement


Dans l’arrière-pays, les cultivateurs inscrits au programme Graine constatent avec dépit un défaut de rendement des cultures de banane. Les techniques utilisées pour traiter le sol et l’origine des pépinières expliquent ce manque à gagner alors que le programme aspire a diversifié sa récolte.

Qu’il s’agisse de la province de l’Ogooué-Ivindo, notamment à Makokou ou du Woleu-Ntem, le constat est le même. Les cultures de banane peinent à atteindre les objectifs escomptés, et aucune coopérative n’y échappent. Avec une quantité de 462,36 tonnes de manioc contre 19,31 tonnes de banane dans l’Ogooué-Ivindo en 2017 et 559 tonnes de manioc contre 39 tonnes de banane pour la province du Woleu-Ntem, la culture de la banane passe pour le grand échec du programme Graine.

Plusieurs causes expliquent ce faible rendement. D’abord, la qualité des semences. « Nous avons eu beaucoup des difficultés en 2017. Difficultés liées à la qualité de la semence dont la totalité des variétés plantées a été importée du Cameroun, (du Carbab). Nous avons constaté que ces semences ont eu des problèmes pour s’adapter à nos conditions agro-écologiques », explique le responsable provincial du programme Graine dans la province de l’Ogooué-Ivindo, Sidoine Akoubou. Ensuite, l’acidité des sols aménagés avec des Potentiel hydrogène (PH) qui varient entre 5 et 5,8. « Ces variétés sont très améliorées donc, très sensible aux maladies phytosanitaires qui constituent une autre cause au problème du rendement de la banane », a¬-t-il indiqué, et ce, avant d’ajouter que l’usage des engins lors de l’aménagement des sols, avait appauvri les terres cultivables.

Cette dernière explication a été à maintes fois relevée par les cultivateurs, eux-mêmes. Ces derniers ont fait observer qu’ « on a fait des travaux d’aménagement avec des engins lourds qui ont changé la structure du sol et cela a nécessité des amendements, à apporter par des engrains. Ce qui n’a pas été fait dans des conditions très rigoureuses. Du coup, cela a négativement affecté la production ».
Dans le Woleu-Ntem, la situation est similaire et un réglage immédiat est impérieux, vu que le programme ne compte pas s’arrêter à la simple culture du manioc, mais plutôt diversifier sa production.

« On remarque que dans les sites, lorsque vous planté au bord, là où la terre a été déversée, la production est importante », constate le responsable provincial du programme Graine dans le Woleu-Ntem, Serge Ndong Obame. Dans cette partie du Gabon, la réponse est déjà toute trouvée. Pour combler le gap, les coopératives ont décidé d’utiliser les méthodes traditionnelles. « Pour 2018, nous pensons revenir aux méthodes traditionnelles », a conclu Serge Ndong Obame.


Michaël Moukouangui Moukala

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