Qualité de vie à Libreville : Quand l’urbanisation empoisonne…

mardi 22 mai 2018 Société & environnement


Des tas de poubelles qui s’amoncèlent partout et polluent l’atmosphère des quartiers défavorisés, banditisme à grande échelle, avec en prime le vol à l’arrachée des sacs, téléphones et autres objets de valeur, cherté du logement, des transports, de nourriture, enlèvement, viols, assassinats, etc. La vie à Libreville devient de plus en plus invivable à mesure que se développe le vice d’un cosmopolitisme hors de contrôle, et que se prolonge les effets nocifs de la crise économique dans laquelle est plongé le pays depuis bientôt quatre ans.

Concentrant à elle seule plus de la moitié de la population gabonaise, Libreville, la capitale gabonaise est ainsi la ville la plus peuplée du pays. Ville la plus peuplée, mais qui reste aussi, de par sa façade maritime et la porosité de ses frontières, le point d’entrée facile pour de nombreux expatriés clandestins d’Afrique de l’Ouest essentiellement Nigérians, Sénégalais, Ivoiriens, Maliens, Béninois, Camerounais, pour ne citer que ceux-là. Autrement dit, en plus du flux ininterrompu des immigrés internes qui viennent de toutes les autres provinces du Gabon, à la recherche d’un emploi, et donc d’un mieux-être, la capitale politique gabonaise doit également faire face au flot d’expatriés qui se déversent chaque nuit sur ces côtes.

Ajouté à cette immigration massive, le contexte économique particulièrement aigu qui paralyse le fonctionnement du pays depuis fin 2014. Mais aussi la faible capacité agricole qui contraint le pays à dépenser plus de 300 milliards par an pour nourrir une population de plus en plus croissante. Une situation à l’origine des inflations et autres fluctuations des prix sur le marché, aggravant ainsi la cherté de la vie en laissant au bord du chemin, des milliers de familles défavorisées qui ne peuvent faire face à cette concurrence d’un marché de consommation aussi volatile. Conséquence immédiate, des milliers de jeunes désœuvrés, venus de l’intérieur du pays ou de l’extérieur ne trouvent d’autre activité que le vice : vols, viols, enlèvement, crimes…

Mais comme pour aggraver le vice, certains agents des forces de sécurité et de défense dont la mission est de sécuriser les populations, se mêlent, eux aussi à la danse. Le tout couronné par une impunité au-delà de l’insupportable. Autant dire que l’Etat est aussi comptable de cette insécurité sociale ambiante par son laxisme incompréhensible face à des hordes de bandits qui menacent, de jour comme de nuit, la sécurité de ses citoyens. Un « Etat complice » à qui échappe la régulation du marché du loyer. La nature ayant horreur du vide, des milliers de compatriotes et même des étrangers qui ont acquis des terrains (Dieu seul sait comment), fixent à souhait, les coûts des loyers en l’absence de toute politique de standardisation.

Voilà un autre marché qui échappe à un Etat trop permissif, marché qui aurait dû être encadré par le gouvernement en faisant renflouer les caisses du trésor par le paiement des patentes des bailleurs qui exercent, par leurs maisons en location, une activité commerciale au même titre que des commerçantes à qui on prélève des taxes parce que vendant de la banane au marché. Mais l’incapacité de contrôle de l’Etat, manifestement ne s’arrête pas à l’exagération des coûts du loyer qui contraint des familles à vivre à l’étroit, dans un pays gorgé de richesses. Même les transports lui échappent, tout comme la gestion des ordures ménagères qui polluent partout le quotidien des populations, avec le risque d’épidémie que cela comporte. C’est donc dire que l’atmosphère ambiante à Libreville est en train de devenir un poison qui menace la vie de ses habitants.


Leno KOLEBA

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