Rap/ « Goudronnier » : L’apologie du grand banditisme ?

jeudi 9 août 2018 Culture & people


Auteur du célèbre titre « Goudronnier », l’artiste Don’zer, pour sa proximité apparente avec l’un des présumés assassins du jeune Romeo Kombila Kombila, survenu aux environs du PK5, il y a quelques jours, paie les frais de ce meurtre. Par sa chanson, l’artiste est accusé d’avoir fait l’apologie du braquage et ses travers.

« L’artiste doit être un éducateur et non un vecteur de la perversion », c’est l’un des messages envoyé par l’opinion en direction de la communauté artistique du Gabon, dont, pour certains, les textes souffrent d’une pauvreté de « pensée », au point de contribuer à la « dégradation du niveau de moralité de notre jeunesse ». Ce constat intervient au moment où de nombreuses voix s’élèvent pour dénoncer l’insécurité galopante ayant désormais cours sous nos cieux, et ce, surtout après l’assassinat du jeune étudiant Romeo Kombila Kombila, perpétré par des bandits juvéniles. Dans la même foulée certaines personnes pointent un doigt accusateur sur le célèbre rappeur Don’zer, (Ndlr : auteur du titre « Goudronnier »), soupçonné de faire l’apologie du grand banditisme.

Sorti récemment, le tube polémique décrit le quotidien des « goudronniers », de leur jargon et de leur mode opératoire. Pour une bonne frange de l’opinion, il s’agit ni plus ni moins d’une forme d’apologie du banditisme. Une idée confortée par la proximité de l’artiste avec des braqueurs particulièrement le dénommé « Kemeka » dont le nom apparaît dans le tube de Don’Zer. Une perception balayée d’un revers de la main par l’artiste. « Je ne suis pas responsable des actes des goudronniers ! » a-t-il martelé dans un post sur Facebook. Pourtant pour certains, la responsabilité de ce crime incombe par rapprochement tout aussi à l’artiste qui dans une moindre mesure, a renforcé l’idée de l’importance du banditisme en la promouvant dans ses chansons.

Ce que soutient d’ailleurs Gildo Bissielou, un internaute qui réfute ce dédouanement. Pour lui, « Une chanson peut inciter des gens à commettre des choses inhumaines ». C’est le cas du titre Goudronnier. Ce dernier en veut pour preuve, le génocide du Rwanda dans les années 90 qui a été, entre autres, incité par une chanson diffusée sur la radio Mille collines. « Goudronnier, a selon lui, amplifié le phénomène de la consommation de drogues par les jeunes » et donc fait le lit de la délinquance juvénile puisque de nombreux jeunes voient en ce titre, le porte-étendard de leur conception de la vie.


Michaël Moukouangui Moukala

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