RCAB : La sale besogne confiée à deux opposants !

lundi 15 avril 2019 Politique


Fidèle à sa stratégie de circonstance, c’est à deux opposants, (Ndlr : Jean de Dieu Moukagni Iwangou et Michel Menga, autrefois soutiens de l’opposant Jean Ping et depuis plusieurs mois ministres de la République), que le gouvernement dirigé par Julien Nkoghe Bekalé a confié la lourde tâche de faire accepter au peuple gabonais, la réforme sur les nouveaux critères d’attribution des bourses. Un exercice d’autant plus critique pour les deux opposants que cela remet en cause leurs idéaux politiques d’antan.

Entre critiques, contestations et divergences d’analyses, bref un véritable capharnaüm dans lequel la nouvelle réforme modifiant les critères d’attribution de la bourse d’études au Gabon fait tout doucement ses pas vers sa légitimité. Si la manœuvre émane avant tout de la volonté du gouvernement dans un sens général, ce sont deux anciens opposants, autrefois soutiens de l’opposant Jean Ping, Jean de Dieu Moukagni Iwangou issu du parti Union et solidarité (US) et Michel Menga du Rassemblement Héritage et Modernité (RHM), respectivement ministre de l’Enseignement Supérieur et ministre de l’éducation nationale, qui ont la lourde tâche de faire accepter le projet controversé au peuple, notamment aux élèves et parents.

Un exercice d’autant plus critique pour les deux ministres qu’il remet en cause naturellement, leurs prétendus idéaux de justice sociale pour le bien du peuple souvent défendus dans leur démarche politique au sein de l’opposition.
Mais cette sorte d’alliance de dernière minute n’est cependant pas nouvelle au Gabon. Dans la finesse de la mouvance de ses stratégiques, à l’aube du nouveau contrat avec le partenaire historique Véolia, c’est à Patrick Eyogho Edzang, un opposant, ancien Trésorier général de l’Union nationale (UN), dévoilé en 2016, lors de la dernière élection présidentielle, puis sollicité dans le gouvernement Issoze Ngondet II en qualité de ministre de l’Eau et de l’Energie, que le régime en place avait confié la tâche de faire sortir Veolia du marché gabonais de l’eau et de l’électricité.

Avant ce dernier, Bruno Ben Moubamba, farouche opposant décroché invraisemblablement de son statut par le pouvoir et couronné Vice-Premier ministre, a connu les tourments de la trahison à ses dépens en intégrant un gouvernement d’ouverture qui au final, lui qui était hostile voire carré. L’histoire du ralliement des opposants gabonais au pouvoir en place porte souvent l’empreinte d’un échec cuisant, une sorte d’humiliation expressément orchestrée. Ce qui est valable pour les personnalités citées, l’était déjà pour l’ancien Secrétaire exécutif de l’Union du Peuple gabonais (UPG), Mathieu Mboumba Nziengui, bien qu’à des degrés différents. Dans la foulé de l’action de deux ministres pour faire passer un projet qui pourrait, s’il est validé, compromettre l’avenir scolaire de nombreux jeunes à travers le Gabon, au regard du pouvoir d’achat des parents, l’opinion se demande pour qui a souvent milité ces deux « déchus » de l’opposition gabonaise autrefois épris de justice sociale.

Leur militantisme pour l’élévation d’une nation gabonaise aux antipodes des aléas de la gouvernance politicienne aurait-il sombré à la porte du gouvernement ? En somme, l’adhésion des opposants gabonais au gouvernement depuis l’avènement de la seconde décennie du 21e siècle est faite d’entourloupes au point qu’ils en endossent souvent aveuglement des mauvais rôles, comme c’est le cas avec le deux ministres issus de l’opposition chargé de la question de l’éducation.


Michaël Moukouangui Moukala

Répondre à cet article

Qui êtes-vous ?

Pour afficher votre trombine avec votre message, enregistrez-la d’abord sur gravatar.com (gratuit et indolore) et n’oubliez pas d’indiquer votre adresse e-mail ici.

Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Suivre les commentaires : RSS 2.0 | Atom

Articles relatifs