Recensement biométrique : Le Gouvernement veut « rationaliser » les effectifs de la Fonction publique

mercredi 2 octobre 2019 Economie


Lancé il y a quelques jours, le Gouvernement veut se servir du recensement biométrique des agents de l’Etat pour « rationaliser » les effectifs de la Fonction publique.

Avec un ratio Fonction publique/population de 55 fonctionnaires pour 1000 habitants, pour une population de 1.800 000 habitants contre 13 fonctionnaires pour 1000 habitants au Cameroun, pour une population de 23 439 190 habitants, le Gabon surclasse largement son voisin d’Afrique centrale en terme de représentativité des effectifs de la masse salariale. Entre 2007 et 2017, soit en dix ans, celle-ci a connu une rapide augmentation de plus de 63%. Un facteur endogène au pays explique cette situation. Durant des années en effet, l’Etat s’est souvent substitué au secteur privé pour créer des emplois et régler dans une moindre mesure, la question du chômage.

Cette pratique, peu en conformité avec les principes économiques, a eu pour effet de doper les effectifs de la Fonction publique donc, de croitre significativement la masse salariale qui représente en 2019, 630 milliards de francs CFA contre un peu plus de 710 milliards de francs CFA en 2018 soit, 59% des recettes fiscales. Pour en arriver à cet effort, l’Etat a été contraint d’appliquer de nombreuses mesures d’ajustements conjoncturelles et structurelles qui ont permis d’assainir les dépenses publiques. C’est le cas de la réduction des effectifs de nombreux ministères, l’assainissement des fichiers des indemnités de logement et de transport, la réduction de la taille du gouvernement, la mise en bon de caisse des agents Publics (Contrôle de présence mensuel des effectifs par administration) et bien d’autres. Si le Gouvernement semble droit dans sa logique de restriction budgétaire, face à un contexte économique national toujours difficile, le recensement biométrique des agents de la Fonction publique, après les multiples audits commandités les années précédentes, vise à corser les choses en rendant plus efficient, l’action des agents de l’Etat.

Plus qu’une simple « chasse aux sorcières » tel que certains le perçoit, ce recensement vise d’après le Premier Ministre, Julien Nkoghe Bekale, « une (…) rationalisation des effectifs de la Fonction publique ». « Nous ne cherchons pas les faux ou les bons diplômes, nous cherchons les fonctionnaires qui existent réellement  », a rassuré Julien Nkoghe Bekale.Pour le Gouvernement, l’urgence ne demeure pas dans la traque des fonctionnaires indélicats, établie sur des fausses identités. Bien au contraire, la démarche de l’institution vise en sous-main à responsabiliser les fonctionnaires dans l’accomplissement de leur mission au quotidien. Et, la nécessité de cette énième opération réside dans la volonté pour le Gouvernement d’ajuster les finances publiques.


Michaël Moukouangui Moukala

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