Réduction du train de vie de l’Etat : Le flou des chiffres !

lundi 2 juillet 2018 Politique


Acculé par le Fonds monétaire international (FMI), le gouvernement gabonais dont tous les indicateurs économiques s’affichent au rouge malgré la remontée des cours du pétrole, a opéré dans l’administration publique, un sérieux dégraissage qu’Ali Bongo Ondimba qualifie de « tournant historique ». Suppression des postes dans les cabinets présidentiels et ministériels, réduction des salaires de plus de 650.000 FCFA etc., l’objectif à terme étant d’économiser au moins 70 milliards sur une masse salariale de plus de 700 milliards par mois, soit 52% du budget de l’Etat. Seulement, si les effectifs des ministères sont désormais connus, ceux de la Présidence de la République restent dans l’opacité totale.

Malgré l’annonce faite par le communiqué final du Conseil des Ministres du vendredi 29 juin dernier par la Présidence de la République qui a dit avoir dégraissé ses effectifs de 40%, on ignore encore tout sur le nombre exact des collaborateurs du président Ali Bongo Ondimba qui ont été touchés par ce remue-ménage à grande échelle. Du coup, plusieurs questions demeurent au-delà de ce qui est présenté médiatiquement comme une évidence. Quel était le nombre réel des membres du cabinet présidentiel ? A quoi correspondent les 40% des membres remis à la disposition de leurs administrations d’origine ? Combien ce dégraissage va-t-il permettre de retourner dans les caisses de l’Etat, du moins pour le seul palais présidentiel ?

Des questions d’autant plus pertinentes alors que les cabinets ministériels passent désormais de 24 à 16 membres pour les ministres titulaires, à 10 pour les ministres délégués. Voilà qui a le mérite d’être clair et précis. Surtout au moment où tout le monde est invité à se serrer la ceinture en se mettant au régime sec dans un pays présenté comme le troisième plus cher d’Afrique, avec l’augmentation exponentielle des prix des produits de consommation courante comme le carburant à la pompe, la bouteille de gaz, sans oublier le coût vertigineux des loyers, transports, etc... C’est dire que même en pareille période de crise accrue, la Présidence de la République, comme à son habitude, échappe toujours à l’exigence de transparence. Et cela malgré l’effort d’exemplarité recommandé par Ali Bongo Ondimba au sommet de l’Etat.

Un brouillard énorme qui laisse déjà dubitatif sur le succès attendu de cette cure d’austérité prévue pour durer jusqu’en 2021. Puisqu’au nombre des mesures drastiques annoncées par le Conseil des Ministres, figurent également le gel des concours et des recrutements pour une bonne période de trois ans. Tout cela va permettre au gouvernement d’auditer le fichier de la fonction publique, même si le premier audit réalisé en 2010 par le même pouvoir n’a jamais rendu ses conclusions. Trois bonnes années d’austérité qui verront s’accroître la courbe du chômage déjà très élevé dans un pays où la fonction publique reste le seul grand pourvoyeur d’emplois devant le déficit criard du secteur privé encore embryonnaire.

On comprend alors que si la cure d’austérité pourra permettre à l’Etat de faire des économies, elle charrie aussi avec elle l’aggravation du chômage qui va certainement constituer une bombe à retardement pour les législatives prochaines et surtout pour la présidentielle de 2023. Et avec le flou et les pleurs qu’elle engendre déjà dans certaines institutions, c’est déjà bien parti.


Leno KOLEBA

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