Remaniement gouvernemental : La stratégie du remplacement ethnique ?

mercredi 30 janvier 2019 Politique


Nommé le 12 janvier dernier, le nouveau gouvernement a connu son premier réaménagement ce mardi 30 janvier avec la sortie remarquable de quelques uns de ce qu’on appelle « les hommes du président ». Ce sont : les tout-puissants Ali Akbar Onaga Y’obegue de l’Agriculture, Etienne Massard Kabinda Makaga de la Défense et Christian Magnagna de l’Eau et de l’Energie.

Ali Bongo et Julien Nkoghe Bekale se seraient-ils trompés en nommant les trois puissants ministres qu’ils viennent eux-mêmes de sortir quelques jours seulement après leur entrée au gouvernement ? Qui était à la manœuvre lors de la formation de ce premier gouvernement ?

Autant d’interrogations qui fusent depuis le débarquement d’Ali Akbar Onanga, d’Etienne Massard Kabinda et de Christian Magnagna. Eux qui faisaient pourtant partie de ceux qu’on a appelé « les hommes du président » et qui étaient craints et respectés pour cette image de proches d’Ali Bongo. Eux qui n’auront eu tout juste que le temps de fêter et de faire ripaille après leur maintien dans le gouvernement de Julien Nkoghe Bekale. La fête n’aura été donc que de courte durée.

Au fond, l’éviction d’Ali Akbar Onanga, un téké d’Akiéni, aurait été décidée au profit de son frère du même village, Abdu Razzaq Guy Kambongo au poste de ministre des Affaires étrangères. Il faut dire que nombreux au sein du sérail n’étaient pas d’accord avec la nomination de ces deux ministres, originaires d’une même localité. Ali Akbar Onanga ayant donc déjà été au gouvernement, il lui fallait céder la place à son frère du village.

Scénario un peu similaire avec Etienne Massard, un mièné qui a été débarqué au profit de sa sœur de langue, Rose Christiane Ossouka Raponda, la mairesse de Libreville qui devient la deuxième femme à occuper la Défense nationale, sous l’ère Ali Bongo, après Angélique Ngoma. Seul cas inexpliqué, le limogeage de Christian Magnagna, remplacé par Tony Ondo Mba au ministère de l’Eau et de l’Energie.

A y regarder de près, plus qu’un coup d’éclat, il s’agit d’un remaniement opéré plus sur la base de la logique ethnique que sur des critères objectifs. Seulement, avec ce réaménagement notable, quelques jours seulement après la nomination de ce nouveau gouvernement, se pose une interrogation pertinente : Qui a été à l’origine de la formation du premier gouvernement ? S’agit-il d’une erreur qu’il fallait absolument corriger ? Et si erreur il y a eu, par qui a-t-elle été commise ? Si Ali Bongo Ondimba et son Premier ministre étaient réellement à la base de la nomination du gouvernement du 12 janvier dernier, pourquoi reviennent-ils deux semaines après pour débarquer des ministres qu’ils ont eux-mêmes choisis quelques jours auparavant ?

Voilà autant de non sens qui pourraient renforcer la thèse de ceux qui pensent depuis le début que ni le Chef de l’Etat ni son Premier ministre n’ont œuvré à la formation du nouveau gouvernement, surtout au regard de la célérité avec laquelle cette nouvelle équipe gouvernementale a été rendue publique. Car en seulement 24 heures, il était presqu’impossible à Julien Nkoghe Bekale de mener des consultations et nommer ainsi un gouvernement. Avec ce revirement, il y a anguille sous roche, une sorte de bicéphalisme maquillé dans la prise de décision à la présidence de la république depuis qu’Ali Bongo est contraint par la maladie à la rééducation au Maroc. On pourrait même oser une question, celle de savoir qui dirige actuellement le pays.


Leno KOLEBA

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