Résolution du Parlement Européen : Une patate chaude !

mardi 19 septembre 2017 Politique


Nouveau rebondissement dans la crise postélectorale gabonaise, avec l’adoption, le 14 septembre dernier, d’une Résolution par le Parlement Européen, à l’initiative de 13 Eurodéputés du groupe confédéral de la Gauche unitaire européenne/Gauche verte nordique (GUE/NGL). La Résolution intitulée « Gabon, la répression de l’opposition », constitue une avancée titanesque pour Jean Ping. Pour les autorités gabonaises, « le linge sale doit être lavé en famille ». A quand l’épilogue de la crise postélectorale ?

Sans grande surprise, les Eurodéputés n’ont pas été tendres avec le pouvoir en place au Gabon ! Les Eurodéputés, en tête desquels l’écologiste Yannick Jadot, « demandent aux autorités gabonaises (…) de mettre un terme à tous les actes de harcèlement, d’intimidation et de persécution contre les opposants, et de prendre des mesures concrètes pour garantir la liberté d’expression ». Une allusion aux récentes mesures administratives provisoires, (levées le 8 septembre dernier), touchant Jean Ping et d’autres leaders de l’opposition.

Les Parlementaires de Strasbourg poussent le bouchon en invitant « instamment le Gouvernement du Gabon à procéder à une réforme approfondie et rapide du cadre électoral, de manière à l’améliorer et à le rendre totalement transparent et crédible ». Plus grave, les Eurodéputés demandent à la Commission et aux États membres, (Notamment la France, pays colonisateur) « d’envisager des sanctions ciblées à l’encontre des responsables de la fraude électorale et des actes de violence qui en ont découlé ». Voici l’économie de la dernière bombe puante émanant de l’Hémicycle de Strasbourg. Une résolution qui vient remuer un peu plus le couteau dans la plaie, au grand bonheur de l’actuel chef de file de l’opposition, Jean Ping.

Un pavé dans la marre

Le moins que l’on puisse dire, c’est que le landerneau politique, jusque-là, était plongé dans une forme de léthargie. Et pour cause, les deux protagonistes du dernier scrutin électoral, Jean Ping et Ali Bongo Ondimba campent sur leur position. En effet, Jean Ping clame haut et fort avoir été floué et dit être le vainqueur de la dernière présidentielle. De l’autre côté, Ali Bongo Ondimba, au pouvoir, estime qu’il faut tourner la page, car les Institutions compétentes, (Ndlr : Commission électorale nationale permanente, Cénap, et Cour Constitutionnelle), ont effectué leur travail en bonne et dû forme.

Cette Résolution, au-delà de son caractère, plus ou moins, contraignant, a le mérite de pousser les différentes parties concernées par le conflit postélectoral de revoir leur copie et pourquoi pas « fumer le calumet de la paix ».

Vers le refus des autorités gabonaises ?

Même si ladite Résolution semble avoir obtenu un écho favorable à Strasbourg, il n’est pas sûr que le pouvoir en place s’y plie. Le 13 septembre dernier, à la veille de l’adoption de la Résolution, l’idée d’une loi d’amnistie a été agitée par le pouvoir en place. « Le chef de l’Etat gabonais, Ali Bongo Odimba, nous a demandé d’envisager une loi d’amnistie qui traiterait au cas par cas certaines situations engageant des personnes qui se seraient rendues coupables », dixit le Premier Ministre, Emmanuel Issoze-Ngondet.

Cerise sur le gâteau, une commission nationale sur les violences électorales va bientôt être portée sur les fonds baptismaux. « On n’a pas besoin d’avoir, parallèlement à cet effort national, une initiative venant de la communauté internationale », a déclaré sans ambages Emmanuel Issoze Ngondet. Voila qui a le mérite d’être clair : les autorités gabonaises vont faire fi de cette Résolution. Ce n’est donc pas pour demain la veille que la crise postélectorale connaîtra son épilogue.


Yannick Franz IGOHO

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