Scandale du Kevazingo : Dialogue de sourds entre Mapangou et Nkoghe Bekalé

lundi 20 mai 2019 Politique


Alors que l’affaire de la disparition des 353 containers de bois de Kevazingo au port d’Owendo, fait grand bruit et éclabousse en plein cœur les administrations des ministères des Eaux et Forêts et de l’Economie, l’appel à démissionner, formulé la semaine dernière par le chef du gouvernement, Julien Nkoghe Bekalé, à l’endroit des ministres concernés, est vivement rejeté par les intéressés.

En tous cas, pour le Ministre des Eaux et Forêts, Guy Bertrand Mapangou, qui refuse d’être le bouc-émissaire d’une vaste délinquance économique, la responsabilité pénale étant individuelle et non collective, il ne lui appartient pas de démissionner. Et cela malgré la demande polie du premier ministre, Julien Nkoghe Bekalé, qui stipulait, jeudi dernier que « les membres du gouvernement qui seraient impliqués dans cette affaire sont invités à en tirer les conséquences qui s’imposent ».

Et même si son directeur de cabinet a été, comme bien d’autres suspendus de ses fonctions, à en croire Guy Bertrand Mapangou, il n’est que le bouc-émissaire d’un vaste scandale qui avait bien cours au ministère des Eaux et Forêts. Et les accusations qui tombent sur lui et son directeur de cabinet aujourd’hui, ne le sont simplement que par le fait pour lui d’avoir été nommé à ce ministère où les pratiques du genre son monnaie courante. L’actuel ministre des Eaux et Forêts a donc eu, selon lui, la malchance de s’être trouvé au mauvais endroit et mauvais moment. C’est pour cela qu’il refuse d’être le lampiste d’un scandale, dont il n’est ni de loin ni de près, l’auteur, lui qui n’a jamais pris et fait que ce que lui autorise la loi.

Quid de l’indépendance de la justice ?

En réalité, Mapangou redoute que la justice soit manipulée juste pour trouver des bouc-émissaires en lieu et place des vrais auteurs de ce scandale. C’est pourquoi, il appelle tous les « patriotes » à aider le pouvoir judiciaire, afin que celui-ci, en toute indépendance, mette la main sur les vrais coupables et non pas sur ceux qu’on semble avoir déjà désignés aujourd’hui.
Manifestement, Mapangou qui crie à la conspiration (politique peut-être) sait qu’il y a dans cette affaire, un banditisme d’Etat destiné à régler des comptes aux adversaires dans le cercle même du pouvoir. Et pour cela, convaincu que ceux qui ont été interpellés ou suspendus de leurs fonctions ne sont certainement pas les vrais auteurs du vol, il refuse de céder aux sirènes des accusations théâtrales. Ce qui serait une victoire pour ses « détracteurs ». Mais osera-t-il dénoncer ces vrais voleurs, tapis dans l’ombre même du sérail ?

Dans tous les cas, l’homme de Fougamou qui dit n’avoir de comptes à rendre qu’au seul Chef de l’Etat, Ali Bongo Ondimba, pour la confiance renouvelée en sa personne, préfère « supporter humblement l’invective et la diffamation », plutôt que de démissionner pour satisfaire les vues de ses comploteurs. Autrement dit, il n’y a qu’Ali Bongo Ondimba pour le démettre des fonctions qu’il lui a confiées, n’en déplaise à Julien Nkoghe Bekalé.


Leno KOLEBA

Répondre à cet article

Qui êtes-vous ?

Pour afficher votre trombine avec votre message, enregistrez-la d’abord sur gravatar.com (gratuit et indolore) et n’oubliez pas d’indiquer votre adresse e-mail ici.

Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Suivre les commentaires : RSS 2.0 | Atom

Articles relatifs