Secteur Bancaire : « Le Club est une façon pour nous de préparer l’avenir », Abdelaziz Yaaqoubi DG UGB

mercredi 14 décembre 2016 Economie


Pur produit du groupe marocain Attijariwafa Bank, le « Club Afrique Développement » a soufflé sa première bougie. Comment s’est traduite cette initiative dite de réflexion et d’interconnexion économique au niveau national ? Quel a été le leitmotiv de la maison mère d’UGB en lançant ce groupe ? Eclairages du Directeur général de l’Union Gabonaise des Banques (UGB), Abdelaziz Yaaqoubi.

Gaboneco (GE)  : En Janvier 2016, Attijariwafa Bank, le groupe bancaire auquel appartient l’Union Gabonaise de Banque (UGB) a lancé à Libreville, le « Club Afrique Développement », une plateforme de réflexion et d’interconnexion économique au service du développement du continent. Près d’un an après, qu’en est-il des activités de cette entité ?

Abdelaziz Yaaqoubi (AY) : Cette initiative a été effectivement lancée au niveau de notre groupe en 2015 et le lancement officiel à Libreville a eu lieu en janvier dernier. Depuis la mise en place de cette plateforme, il y a une dynamique autour pour fédérer des investisseurs, des hommes d’affaires intéressés par le marché gabonais soit, pour y implanter des unités de production ou pour faire de l’import/export en partenariat. Aujourd’hui il y a un microcosme qui se forme d’abord ici au Gabon mais qui est interconnecté avec l’ensemble de la plateforme du « Club Afrique Développement ». S’il faut aujourd’hui dresser un bilan, c’est vraiment plus la mise en contact des relations d’affaires et aussi l’accompagnement de quelques investisseurs au niveau local qui y ont injecté des fonds dans l’industrie.

GE : Ce « Club » diffère-t-il du « Forum Afrique Développement », initiative également du Groupe Attijariwafa ?

AY : L’idée du Club résulte du Forum. Notre groupe organise annuellement le Forum International Afrique Développement qui réunit les opérateurs économiques de tout le continent et fédère les idées, possibilités et opportunités d’investissements, bien entendu avec l’accompagnement Attijariwafa Bank. Comme c’est une manifestation qui n’a lieu qu’une fois par an, l’idée est venue de la demande incessante de nos clients d’être en permanence accompagnés dans leurs relations d’affaires. C’est dans ce cadre que le groupe a créé ce club pour permettre l’accompagnement d’affaires. Nous accompagnons par exemple des investisseurs étrangers attirés par le Gabon et des entreprises locales qui veulent exporter ou investir à l’étranger. On les accompagne pour ce développement à l’international. L’idée pour nous est d’être à l’écoute du contient et de faire éclore des grandes entreprises africaines capables d’être compétitives.

GE : Comment l’accompagnement se déroule-t-il ?

AY : L’accompagnement va au-delà du simple fait de mettre de l’argent à disposition des investisseurs. Il y a plusieurs étapes qui englobent les opportunités, la mise en relation et la partie conseil, car pour faire du développement ou un financement de projet, il faut d’abord que le projet soit réaliste, compétitif et durable. Donc, notre rôle compte tenu de l’expertise de notre banque au niveau du continent et connaissant les différents secteurs d’activités et marchés sur lesquels nous opérons, est de conseiller nos clients pour que si jamais ils font un investissement, il faut que cela soit rentable ou viable. L’investissement et le financement ne viennent qu’après. En amont de ces deux étapes vous avez l’accompagnement-conseil. L’objectif pour nous c’est d’abord l’économie, car c’est cela qui créera les opportunités d’emploi.

GE  : Avec la crise pétrolière, l’investissement public comme privé a nettement reculé au Gabon entraînant par la même occasion des licenciements et des fermetures d’entreprises en cascade, comment le « Club » parvient-t-il à attirer ses membres ?

AY  : Nous les mettons en relation avec les institutions concernées. S’il y a quelqu’un qui veut investir par exemple dans l’industrie, aujourd’hui il y a toutes les plateformes nécessaires au Gabon pour le faire. Il y a la zone économique spéciale de Nkok dans laquelle les entreprises s’installent pour faire de l’export, et en plus il y a toute l’infrastructure nécessaire. Bien entendu, il y a un foncier qui est disponible avec des titres fonciers et tout ce qui est nécessaire derrière. Les choses sont claires ! En dehors de cette zone économique spéciale, lorsqu’on arrive au Gabon, si on veut acheter un terrain on va exiger qu’il y ait un titre foncier parce que nous à notre niveau, on encourage nos clients à avoir des documents authentiques à l’exemple des titres fonciers.

Juste à titre indicatif, nous sommes sur le point de développer des agences à certains endroits du pays et on a acheté les terrains avec des titres fonciers avec des procédures de conservation. Tout cela s’est passé dans des délais raisonnables.Au-delà, nous aidons aussi nos clients dans les différentes transactions administratives. Lorsqu’on a un client qui veut investir, nous sommes prêts à l’accompagner que ce soit avec nos partenaires de la promotion des investissements, l’UTC ou la conservation, tout ce monde se mobilise autour d’un investissement sérieux. Il y a toujours eu une bonne coopération entre toutes les entités au niveau du pays lorsqu’il s’est agi d’accompagner un investisseur. Et malgré l’actuel contexte économique, nous conseillons d’injecter des fonds. Il ne faut pas attendre que les prix repartent à la hausse ou même que la demande augmente pour investir. Aujourd’hui le foncier est plus accessible qu’avant et même les entreprises qui réalisent des travaux sont en train de faire que leurs coûts baissent de sorte à être compétitifs pour ensuite avoir des marchés. C’est aujourd’hui qu’il faut investir plus qu’avant.

GE : Le Club est perçu comme un produit purement commercial du Groupe. Qu’en est-il réellement ?

AY  : On est convaincu d’une chose, c’est qu’en jouant le rôle d’accompagnateur de l’économie tout le monde y gagne. A travers le « Club », notre établissement se démarque de la logique de la banque classique dont la seule vocation est de collecter des dépôts et d’octroyer des crédits. Nous on veut être un moteur, en jouant pleinement notre rôle de banque citoyenne. Et nous sommes convaincu qu’en jouant ce rôle, forcement tout le monde y gagne car si l’économie se développe et est prospère au final, c’est aussi nous qui gagnons. Dans ce cas précis, il est de notre intérêt quel’économie gabonaise prospère. Le Club est une façonpour nous de préparer l’avenir on n’est pas dans un schéma profit immédiat mais à long terme ?


Propos recueillis par Michael Moukouangui Moukala

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